Devant la crise économique que traverse l'Algérie et l’aggravation du déficit budgétaire, le gouvernement a décidé de déprécier la valeur du dinar de manière graduelle. La monnaie nationale a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le mois de février dernier. Cette dévaluation aura des conséquences lourdes sur le pouvoir d’achat et accentuera l’inflation. Elle va aussi compliquer la situation des entreprises importatrices de la matière première.

La dépréciation du dinar algérien aura des répercussions certaines sur les ménages. Les effets de cette dépréciation sur les ménages commencent déjà à se faire sentir. Une hausse des prix touche plusieurs produits et risque de s’élargir à une grande partie des produits non-subventionnés. Les ménages algériens, déjà lourdement impactés par les conséquences de la crise sanitaire (chômage et diminution des revenus), devront faire attention à leur mode de consommation. Ils ne pourront plus dépenser comme lors des années précédentes.

Ainsi, la hausse annoncée du pouvoir d’achat n'aura pas lieu. Au contraire, les Algériens vont devoir serrer davantage la ceinture. Une situation qui peut aussi conduire à des tensions sociales auxquelles les pouvoirs publics ne pourront pas faire face, malgré les transferts sociaux.

Impact de la dépréciation sur les entreprises

En ce qui concerne les entreprises, la dépréciation du dinar par la Banque d’Algérie va les toucher de plein fouet. Il s'agit notamment des entreprises importatrices de matière première qui paient leurs fournisseurs en devises. Les fluctuations du dinar face à la monnaie européenne leur causent ainsi des pertes de change considérables, impactant de manière directe leur viabilité financière. Néanmoins, étant donné que les produits destinés à l’industrie ne sont pas soumis à la taxe additionnelle qui touche les produits finis destinés à la revente en l’état, les investissements ne seront pas très impactés par ces taxes.

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Par contre, les entreprises qui importent des produits finis devraient revoir leurs prix de vente à la hausse, ce qui réduirait inéluctablement leur clientèle déjà touchée par la crise sanitaire et l'inflation.

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