La tendance inflationniste s'est durablement installée en Algérie. Les prix connaîtront une augmentation significative et le pouvoir d'achat subira une nette régression dans un proche avenir. C'est ce que relève le dernier bulletin de l'Office national des statistiques, publié vendredi 25 décembre.

Ainsi, l'ONS prévoit un taux d’inflation moyenne proche de 5% pour l’année prochaine. Une inflation qui aura comme conséquence l’aggravation de la précarité sociale. L'Office national des statistiques rappelle que le taux d'inflation moyen annuel en Algérie était de 2,3% à fin novembre dernier. Il était de 2,2% à fin octobre 2020 et de 2% à fin septembre de la même année.

Selon le même bulletin, les prix des biens alimentaires ont connu un recul de 1,6%, conséquence d'une baisse des prix des produits agricoles frais, caractérisés par une décroissance de 3,8%. En dehors de l'augmentation des prix de la pomme de terre (+9,2%) et du poisson (+3,8%), l'ensemble des produits relevant de la catégorie des produits agricoles frais ont observé des régressions.

Par ailleurs, les prix des produits alimentaires industriels ont connu une croissance modérée de 0,6% durant le mois de novembre et par rapport au mois d'octobre 2020, traduisant un relèvement des prix de certains produits, essentiellement les pâtes alimentaires (+15,5%), le couscous (+7,8%) et les légumes secs (+6,3%). Les prix des produits manufacturés ont également enregistré une hausse de +0,6%, alors que ceux des services ont connu une évolution de +0,4%.

Cette tendance inflationniste va en s'aggravant. Selon les anticipations du Fonds monétaire international (FMI), le taux d'inflation moyen devrait passer à 3,8% l’année prochaine. La Banque mondiale, quant à elle, estime qu’il pourrait atteindre 5,9%. Le projet de loi de finances 2021 (PLF) prévoit une accélération de l’inflation pour atteindre 4,5% l’année prochaine, puis une légère décélération à 4,05% en 2022.

Les explications d'un expert

Selon l'économiste Smaïn Lalmas, cette inflation est due à la situation économique du pays. Il explique que « la dévaluation du dinar causant la flambée des prix des produits a fini par dynamiter le fragile pouvoir d’achat des ménages ». Selon lui, « l’inflation est le cancer de l’économie d’un pays, surtout quand il s’agit d’une économie non diversifiée et essentiellement rentière », relevant que « l’inflation, paramètre important, est pourtant ignorée par le gouvernement ».

L'économiste préconise entre autres mesures d’accompagnement que l’État devrait mettre en place pour soutenir le pouvoir d’achat, « l’ouverture du champ médiatique ». Smaïn Lalmas  explique que cette mesure « apparaît comme une nécessité pour amortir la pression sociale et pour que les revendications socioéconomiques de nos citoyens puissent passer par des canaux organisés et non violents s’articulant autour du dialogue ».

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