Le secteur du bâtiment traverse une période de crise sans précédent à cause de la pandémie de coronavirus. Le porte-parole de l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), Aïdh Moussa, tire la sonnette d'alarme. Il a affirmé, le 29 décembre au journal El Watan, que plus de 4 000 entreprises du BTPH avaient cessé toute activité. 

Ainsi, le secteur souffre du manque de marchés suite au gel des grands chantiers à cause de la crise économique que traverse le pays. Les entreprises ont déjà commencé à licencier leurs employés et sombrent dans la zone rouge. Aïdh Moussa révèle que « beaucoup d’entreprises n’arrivent pas à recouvrer leurs créances, elles n’ont pas de projets et sont dépourvues de l’accompagnement des banques ».

Devant cette situation, le gouvernement reste spectateur. « Nous avons fait des propositions lors de la conférence nationale organisée par le gouvernement en août dernier, mais aucune n’a été concrétisée sur le terrain », regrette le porte-parole de l'AGEA. Il ajoute que « certains entrepreneurs ont été amenés à vendre leur matériel pour survivre ».

La crise n'a pas commencé avec la Covid-19

Il faut signaler que la stagnation du secteur du bâtiment n'est pas seulement due à la crise sanitaire. À la fin de l'année 2019 déjà, plus de 50 000 entreprises dans le secteur ont fait faillite. Une situation qui a engendré de lourdes conséquences sur l'emploi, avec des milliers de postes perdus.

La situation du secteur est surtout le résultat du déficit budgétaire et des décisions du gouvernement portant sur le gel des grands projets concernant les infrastructures de base. Les prémices de la crise qui a éclaté aujourd’hui remontent à la fin de l’année 2014, lorsque le pétrole, principal pourvoyeur de devises, a chuté. Cette impasse que traverse le bâtiment n’est pas sans conséquence sur d’autres secteurs, notamment l’industrie de fabrication des matériaux de construction. Dans ce secteur aussi, la production a baissé de près de 80 %.

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