La religion, étant « une paix intérieure », ne peut être un obstacle à la liberté individuelle et à l’émancipation citoyenne. C’est ce qu’a déclaré l’archevêque de l’Eglise d’Alger, Mgr Paul Desfarges.

Dans une interview accordée au quotidien francophone Liberté et parue ce mercredi 6 janvier, l’archevêque de la Basilique Notre-Dame d'Afrique, Mgr Paul Desfarges, estime que le Hirak porte « le désir de citoyenneté ». Ce projet citoyen, selon lui, évitera « l’instrumentalisation politique de la religion qui est toujours une source de tension et parfois de violence ». Pour lui, la citoyenneté permettra l’unité du pays malgré les différences.

Au sujet de la liberté de culte, l’archevêque de l’Eglise d’Alger estime que le regard des Algériens est « largement positif » vis-à-vis de la communauté chrétienne, qualifiant l’Algérie de «  pays d’accueil ». « Ici nous nous sentons accueillis », déclare-t-il. L'homme de religion a souligné le fait que parfois certaines familles peuvent rejeter la conversion de leurs proches au christianisme. Mais, selon lui, « avec le temps les relations peuvent s’apaiser ». Par ailleurs, il confie que la suppression de l’article concernant la liberté de culte dans la nouvelle Constitution l’a « beaucoup peiné ».

Concernant les relations avec les institutions de l’Etat, notamment le ministère des Affaires religieuses, Mgr Paul Desfarges assure que l’Eglise entretient de « très bonnes relations » avec la tutelle. Il constate, en outre, que le passé chrétien de l’Algérie « est de plus en plus connu et assumé », notamment grâce à l’un de ses célèbres enfants, en l’occurrence de Saint-Augustin. « Il y a aussi les nombreuses visites d’Algériens à Tibhirine qui attestent l’accueil d’un passé récent », tient-il à rappeler.

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