L’érection d’une statue à l’effigie du pharaon d’origine berbère Chachnaq au centre-ville de Tizi Ouzou, en Kabylie, continue d'alimenter les débats. Ce vendredi 15 janvier, c’est le ministre libyen de la Culture qui a réagi aux informations « relayées à travers les réseaux sociaux et dans les médias » sur les origines du roi Chachnaq.

Dans un communiqué rendu public, le ministre libyen de la Culture, relevant du Gouvernement d’union nationale, reconnaît que l’édification du monument en question en Kabylie, à l’occasion de Yennayer, le Nouvel An amazigh, a soulevé une vive polémique entre Algériens et Egyptiens. Pour les Libyens, « en se référant à tous les ouvrages de haut niveau en termes de crédibilité et de précision », le roi Sheshonq Ier – également orthographié Chachnaq ou Shechanq, selon les translittérations de son nom en berbère Cacnaq – « est d’origine amazighe et est issu de la tribu libyque des Mâchaouach ». Le communiqué indique que le roi berbère aurait régné entre 950 et 929 avant le Christ.

« Sheshonq Ier a régné sur l’Egypte et son règne était appelé la XXIIe dynastie (…) Sheshonq Ier a réussi à prendre le pouvoir en Egypte et porter le titre de Pharaon, instituant ainsi le règne de sa dynastie, la XXIIe, vers l’an 950 avant le Christ, qui a régné pendant deux siècles », précise la même source. « Sheshonq Ier est cité dans l’Ancien Testament biblique après la prise d’Hyérosolyme, actuelle Jérusalem », note encore le ministère libyen.

Le nom de Chachnaq a fait son apparition dans la sphère culturelle berbère il y a de cela plusieurs décennies. Si son nom a été admis au panthéon des références amazighes, c’est parce que l’Académie berbère avait décidé de lancer un calendrier berbère. La date du 12 janvier de l'année 950 avant J.-C. a été choisie par des militants berbères comme point de départ du calendrier amazigh en référence à l'accession au trône de Chachnaq.

Brahim Tazaghart, écrivain et militant de longue date de la culture amazighe, a expliqué dans, un entretien donné à El Watan, qu’« en adoptant Chachnak comme référence, ce n’est pas une concurrence que nous faisons à l’Egypte par rapport à son histoire, mais nous sommes dans le partage historique. Comme Amon était un dieu commun des deux peuples, Chachnak était commun aux deux peuples aussi ».