La question de la transition énergétique en Algérie continue de susciter le débat entre les spécialistes. Les pouvoirs publics annoncent, depuis plusieurs années, la transition vers les énergies écologiques, ce qui pourrait ouvrir la porte d’une nouvelle ère et fermer celle de la dépendance aux hydrocarbures. Cependant, sur le terrain, la réalité est confrontée à une toute autre politique.

Le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE) dresse un sombre constat sur la politique menée dans le cadre du projet de développement des énergies écologiques. Il dénonce dans un rapport, publié ces derniers jours, le blocage qui fait obstacle à la mise en œuvre de la transition énergétique.

Le CEREFE a rappelé qu’en février 2011, il était prévu d’arriver à une production d’électricité à partir de l’énergie renouvelable de l’ordre de 40% à l’horizon de 2030. Ainsi, assurer une production totale de 22 000 MW. Cependant, jusqu’à présent seulement 36,3 MW ont été produites. L’énorme écart, entre ce qui est dit et ce qui est fait, est flagrant, et cela, malgré la disponibilité des moyens pour l’Algérie afin d'exploiter ce secteur, mais « la volonté politique ne dépasse pas la pensée pour arriver à l’action », dénonce le CEREFE.

Opter pour l’autoconsommation

Aussi, le rapport fait savoir que la seule activité visible sur le terrain depuis 2015 concerne « la réception des centrales solaires photovoltaïques totalisant 343 MW du programme lancé en 2014 par SKTM ». La Sonatrach a également tardé à amorcer le passage vers les énergies renouvelables à l’heure où les autres compagnies de par le monde ont compris l’importance d’assurer une transition énergétique.

Cette transition énergétique ne peut être réalisée si l’Algérie ne revoit pas sa politique en changeant radicalement le paysage des affaires et de la décision. C’est pourquoi l’organisme plaide pour une autoconsommation, qui, selon lui, est simple à mettre en œuvre et peu coûteuse. Restant, en outre, prudent quant à la mise en marche des grandes centrales, dont le financement est colossal.

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