Benjamin Stora a remis mercredi, au président français Emmanuel Macron, son rapport sur la question mémorielle franco-algérienne. L’historien propose de faciliter les voyages en Algérie des harkis établis en France.  Néanmoins, du côté algérien, ce dossier semble être définitivement tranché.   

Même si pour le moment, aucune réaction officielle n’a été rendue publique en Algérie. La levée du bannissement du territoire algérien aux harkis n’est pas envisageable. Benjamin Stora recommande également d’œuvrer à la préservation des cimetières européens et juifs en Algérie et faciliter le travail des historiens sur la question douloureuse des disparus algériens et européens.

Le retour en Algérie des familles de harkis et leur permettre de circuler librement entre les deux pays est une possibilité à écarter, selon des observateurs. Ces derniers se demandent comment les victimes et les descendants des victimes d’exactions des harkis, de leur collaboration avec la France, vont-ils réagir et comment vont-ils les accueillir et partager avec eux une vie commune ?

Une concession de cette ampleur ne va-t-elle pas ouvrir la voie à d’autres concessions plus importantes encore et plus sensibles, comme la demande de restitution de leurs biens, qui appellera logiquement la demande de restitution des biens des colons français ?

Journées de commémoration

L’historien et documentariste Pascal Blanchard,  la libre circulation des harkis et leurs familles sera parmi les points que Macron retiendra du rapport de Benjamin Stora. Dans ce sens, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron participera à trois journées de commémoration dans le cadre du 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie en 1962 à savoir ; la journée nationale des harkis le 25 septembre, la répression des manifestations d’Algériens le 17 octobre 1961 et les Accords d’Évian de 19 mars 1962, a indiqué la présidence française dans un communiqué.

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Pour rappel, le conseiller auprès du président de la République, chargé des archives et de la mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi, a indiqué que la question des Harkis est « hors de discussion », pour l’Algérie. Pour lui, « le départ de cette catégorie de personnes en France, au lendemain de l’indépendance, a été un libre choix ». Il estime qu’il s’agit d’un dossier qui ne concerne que les Français.

« Il revient aux Français de se réconcilier avec leur histoire, pour nous, il n’est pas possible d’oublier ce qui s’est passé pendant l’époque coloniale ou de se tenir indifférents vis-à-vis des génocides commis à l’encontre des Algériens, et nul ne peut nous le demander », a-t-il expliqué.