Pour les ressortissants du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, la demande d’un visa pour la France relève généralement du parcours du combattant. Des spécialistes et des hommes politiques estiment qu’il est temps d’adopter une nouvelle politique des visas en France.

Les deux députés français, Sira Sylla, élue de Seine-Maritime et spécialiste des questions liées aux diasporas africaines, et M’jid El Guerrab, député des Français de l’étranger dont la circonscription couvre l’Afrique du Nord et de l’Ouest, recommandent de délivrer des visas en 48 heures dans toute l'Afrique, comme en Asie.

Les deux élus d’origine africaine exhortent la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française à faciliter le processus d'octroi de visas pour les citoyens africains. Ils ont présenté un rapport intitulé « Pour une nouvelle politique des visas : ouvrir la France à ceux qui la font briller », qui comporte plusieurs propositions qui pourraient «révolutionner» la politique des visas en France et en faire un instrument au service de l’attractivité.

«Délais de livraison trop longs, refus injustifiés, services consulaires tendus. Selon le rapport, le processus compliqué de délivrance des visas est devenu une question de politique étrangère pour la France. C'est l'un des principaux irritants entre la France et l'Afrique, » explique le député El Guerrab.

Un système de garant pour limiter le poids sécuritaire

Parmi les propositions présentées par Sira Sylla et M’jid El Guerrab, la possibilité de délivrer un visa en 48h pour certains pays africains comme c’est le cas en Chine. « Et pourquoi pas demain au Maroc ? Nous œuvrons également à plus de fluidité administrative pour les multi-demandeurs,» indique El Guerrab.

Pour limiter le poids sécuritaire sur la délivrance des visas, il est proposé par exemple « d’instaurer un système de garant, nous proposons de délivrer plus de passeports talents, plus de visa multi-entrées, etc. Bref, il faut fluidifier et faciliter la circulation notamment pour les personnes qui ne présentent aucun risque migratoire, » a-t-il précisé.

“Nous devons fluidifier, faciliter et être plus réactif aux demandeurs qui ne présentent aucun risque migratoire”. Tout en gardant “une vigilance nécessaire,” a-t-il déclaré.

Dans le cas de l’Algérie, 45,5 % des demandes de visas déposées en 2018 ont été refusées, contre 35 % l’année précédente, selon le ministère de l’Intérieur français. Les ressortissants marocains et tunisiens essuient pour leur part 16 % de refus.