L’activiste Dalila Touat incarcérée à la prison de Aïn Tedles (Mostaganem) a entamé une deuxième grève de la faim pour dénoncer les conditions de son incarcération. La détenue a affirmé faire l’objet de mauvais traitements de la part de ses geôliers de la prison de Aïn Tedles. Elle est en grève de la faim depuis le vendredi 29 janvier.

Ainsi, selon Me Ahmed Mebrek, membre du collectif de défense, la détenue fait l'objet «d'injures, de mauvais traitements, de menaces et intimidations depuis son incarcération». Un autre avocat, Me Farid Khemisti en l'occurrence, déclare : "Nous lui avons rendu visite mardi dernier et nous l’avons trouvée dans un état de stress psychique… Elle se plaint de subir des vexations et des intimidations diverses de la part des gardiens de la prison… En signe de protestation, depuis vendredi dernier, elle est en grève de la faim”.

Une banale dispute se transforme en calvaire

Le collectif d'avocats indique que "tout aurait commencé la semaine dernière par une querelle entre une détenue et une gardienne de la prison. Cette banale prise de bec qui se serait muée en une altercation physique lorsque la détenue aurait sauté sur la gardienne. Dalila Touat serait alors intervenue pour les séparer".

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Il affirme qu' “une demi-heure après les faits, Dalila Touat a été interrogée par des responsables de la prison sur l’incident et aurait essuyé une salve d’insultes et d’injures. Depuis, elle affirme vivre l’enfer…”. Afin de protester contre ses conditions de détention, Dalila Touat a entamé une autre grève de la faim. Elle a aussi saisi le procureur général de Mostaganem et le ministère de la Justice.

Il faut rappeler que Dalila Touat, porte-parole des chômeurs de Mostaganem, a été condamné à 18 mois de prison. Elle a été condamné, pour "outrage à corps constitués", "diffamation" et "publications portant atteinte à l’ordre public". Elle comparaîtra le 3 mars prochain en appel pour répondre aux accusations d' "incitation au boycott du référendum sur la Constitution" et "outrage à fonctionnaire". Accusations pour lesquelles elle avait été jugée et condamnée, en novembre 2020, à deux années de prison ferme sans mandat de dépôt.

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