Les services du Premier ministère ont annoncé, dimanche 31 janvier, que les autorités algériennes et russes vont lancer une coopération bilatérale pour fabriquer la vaccin Spoutnik V en Algérie. Cette annonce a fait réagir les spécialistes qui estiment que l’Algérie n’a pas les moyens suffisants pour fabriquer le vaccin localement, et cela, malgré les promesses rassurantes des autorités.

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed a expliqué, mardi 2 février, que les autorités russes étaient disposées à fournir la technologie et à accompagner l’Algérie dans ce projet de fabrication du vaccin. Il a indiqué que les russes étaient prêts à transférer « les technologies nécessaires à l’Algérie ».

Il a révélé, en outre, que le dossier technique concernant la production du vaccin Spoutnik V avait été transmis, il y a plus d’un mois, à l’Agence nationale du médicament. Il estime, à ce propos, que le délai de production « peut débuter deux mois après l’arrivée de la matière première en provenance de Russie ».

Noureddine Boudissa, directeur général de l’Organisme algérien d’accréditation (Algerac) reste sceptique quant à ce projet de fabrication du vaccin Spoutnik V en Algérie. Lors de son intervention mercredi 3 février sur les ondes de la Radio Chaîne 1, il a affirmé que l’Algérie ne disposait pas de laboratoires spécialisés de type 4 pour fabriquer le vaccin, même si les compétences humaines existent.

« Vérifier la qualité de tout produit a besoin de laboratoires répondant aux normes internationales connues », a-t-il précisé, en rappelant, par la même occasion, que l’Algérie ne dispose même pas d’un seul laboratoire qui « peut homologuer un masque ».

Pour rappel, l’Algérie a lancé sa campagne de vaccination contre la Covid-19 samedi 30 janvier. Jusqu’à présent, les autorités ont réceptionné 500 000 doses du vaccin russe Spoutnik V et 50 000 autres du vaccin anglo-suédois AstraZeneca/Oxford.

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