Le jeune étudiant Walid Nekkiche qui a quitté la prison depuis cinq jours est revenu sur son arrestation et la torture qu’il a subie. Walid Nekkiche s’est expliqué, ce samedi 6 février, dans un témoignage au quotidien Liberté. Il a évoqué son arrestation, son procès ainsi que les sévices corporels dont il a été victime.

L’étudiant, natif de la daïra de Tizi Gheniff, à l’extrême sud-ouest de la wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie, raconte ses péripéties avec les services de sécurité et la justice. “J’ai d’abord été conduit au commissariat de La Casbah, puis à celui de Bab El-Oued où on m’a accablé de procès-verbaux d’audition. Jusque-là, c’était pour moi tout à fait normal. Car je m’attendais à être relâché au terme de ces deux auditions”, relate-t-il. Il ajoute : “Malheureusement, ce ne fut pas le cas. J’ai été transféré à la caserne de Ben Aknoun où j’ai passé six jours où j’ai vécu l’enfer”.

“Il y avait beaucoup de pression sur moi”

Walid Nekkiche témoigne : “Il y avait beaucoup de pression sur moi. Après ce long passage angoissant dans ce sinistre lieu, j’ai été présenté au juge d’instruction du tribunal de Bab El-Oued avant d’être incarcéré à la prison d’El-Harrach”.

Par ailleurs, l’étudiant revient sur les conditions de son arrestation. Walid Nekkiche déclare :”J’ai été arrêté le mardi 26 novembre 2019 à la place des Martyrs tout juste avant le début de la marche. Il y avait beaucoup de policiers ce jour-là. Il ne faut pas oublier que quelques jours seulement nous séparaient de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 rejetée par le peuple algérien. Je ne m’attendais pas à être arrêté. Mes camarades avaient fait de la résistance pour me libérer. En vain”. Walid Nekkiche ajoute : “Je n’avais rien compris, je n’avais rien fait d’illégal. Nous marchions tous les mardis depuis le début de la Révolution du sourire”.

“Pour mes parents, il fallait que je tienne le coup”

Walid est également revenu sur son procès. Il affirme que le jour de son procès, “le réquisitoire du procureur général m’avait abattu. Heureusement, je ne me suis pas effondré parce que j’étais confiant que les avocats étaient décidés et bien outillés pour faire tomber les accusations fallacieuses retenues à mon encontre. Pour mes parents, il fallait que je tienne le coup”.

Il faut signaler que les déclarations du jeune étudiant ont scandalisé l’opinion publique nationale et internationale. Depuis sa libération, plusieurs organisations de la société civile, de la défense des droits humains ainsi que des partis politiques ont demandé l’ouverture d’une enquête pour définir les responsabilités et punir les tortionnaires du jeune étudiant.

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