Le marché noir des devises en Algérie continue d'alimenter les débats. Le gouvernement semble n'avoir trouvé aucune solution pour mettre fin au marché parallèle, présent depuis plusieurs années à travers les quatre coins du pays. Mais ce qui inquiète le plus, c'est l'origine de l'argent qui circule sur ce marché.

Le marché noir des devises règne en maître sur les opérations de change en Algérie, à l'heure où les bureaux de change promis par les pouvoirs publics n’ont pas vu le jour, malgré les annonces de différents ministres depuis 2016. Il faut dire que le marché parallèle draine des milliards en monnaies étrangères sans que l’économie nationale en bénéficie. Il contribue à cette hémorragie de devises dont souffre le pays et qui se chiffre à plusieurs milliards de dollars.

Ce marché informel impacte ainsi durement l’économie nationale sans que les autorités politiques et monétaires prennent les décisions nécessaires pour protéger les ressources financières pays. Les gouvernements successifs n’ont pas encore osé affronter ce marché qui active au vu et au su de tous.

L'origine de l'argent du Square d'Alger "inquiète"

Répondant à une question au sujet du marché du square Port Saïd de la capitale Alger, posée par le député du parti de l'Union Nahda-Adala-Bina Lakhdar Benkhellaf, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a déclaré, jeudi 11 février devant les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN), que « son département s'attelait à y trouver une solution en associant tous les acteurs à travers une approche globale ».

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Indiquant que « de tels marchés existent dans beaucoup de pays du G20 », le premier responsable des finances du pays a avoué que le gouvernement était « inquiet » par rapport à « l'origine de ces capitaux » qui circulent dans ce marché.

La fin du mois de janvier dernier, le ministre de l'Industrie, Ferhat Aït Ali Braham, avait indiqué que la fermeture du square Port Saïd n'allait pas endiguer le marché parallèle de la devise en Algérie. Pour le ministre, le mal est bien plus profond : « Le citoyen a besoin d’un accès à un moyen d’échange de la devise. Fermer le Square peut se faire physiquement mais la pratique ira vers d’autres lieux », avait estimé Aït Ali Braham.

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