Le transport aérien s’enfonce dans une spirale infernale. Les compagnies aériennes subissent des pertes vertigineuses et menacent de faire faillite malgré les aides publiques. Selon le chef économiste de l'Association internationale du transport aérien (Iata), Brian Pearce, la pandémie de coronavirus représente le « plus gros choc que le secteur aérien ait jamais vécu », avec une chute de 66% de la fréquentation en 2020.

Le transport aérien est dévasté par la Covid-19. La fréquentation mondiale est retombée au niveau de 2003, avec 1,8 milliard de passagers en 2020, loin des 4,5 milliards de 2019. Les compagnies aériennes ont perdu 510 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2020, selon l'Iata.

Selon la même source, le trafic international a été plus touché (-75,6%) que les liaisons intérieures (-48,8%). Pour 2021, la reprise du trafic aérien s'annonce très lente. L'Iata table pour cette année sur un trafic deux fois plus important qu'en 2020, mais moitié moindre qu'avant-crise.

Des milliers de postes de pilotes ont été supprimés, des dizaines de milliers d’autres emplois dans l'aérien sont en sursis. En outre, « certains gouvernements vont arrêter les aides ou se concentrer sur une ou deux compagnies. Certains acteurs vont disparaître (...) et ce sera surtout des compagnies de taille moyenne », explique-t-on.

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Les nouveaux variants da la Covid-19 menacent la reprise des vols

Alors que les compagnies aériennes escomptaient un redémarrage de l’activité en 2021, l’apparition des variants anglais et sud-africain de la Covid-19, et la lenteur du processus de vaccination, ont cassé la timide embellie. L’horizon optimiste auquel les acteurs du secteur aérien s’attendaient s’éloigne encore un peu plus.

En effet, les nouvelles mesures sanitaires qui viennent d'entrer en vigueur, consécutives au développement des variants de la Covid-19, vont pénaliser davantage les transporteurs aériens. Une interdiction totale des vols serait peut-être moins pénalisante, a estimé la Fédération nationale de l'aviation marchande (Fnam). Car aujourd'hui les avions continuent à voler, parfois très peu remplis. Ce qui les fait travailler à perte.

Perspectives de reprise « assombries » pour 2021

L'Iata, qui regroupe 190 compagnies aériennes dans le monde, a prévenu que les perspectives d'une reprise en 2021 étaient « assombries » par l'émergence de nouveaux variants de la Covid-19.

Néanmoins, l’association ne révise pas à la baisse ses prévisions pour l'année. « Nous démarrons 2021, que nous nous attendons toujours à être une année de reprise, d'un point très bas », a souligné Brian Pearce, tout en formulant l'espoir de voir le déploiement des vaccins susciter une reprise de la demande d'ici à la fin de l'année.

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