Les conséquences des essais nucléaires réalisés par la France dans le désert algérien, au début des années 60, sont toujours aussi néfastes sur la santé des citoyens du Sud. C'est ce que révèle une étude menée récemment en France, suite à la tempête de sable qui a touché, début février, une bonne partie de l'Hexagone.

Les analyses effectuées sur la poussière du sable algérien par l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a révélé la présence de traces de Césium-137, a rapporté, ce samedi 27 février, le journal français Le Parisien.

« Il s’agit d’un radioélément artificiel qui n’est pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d’une explosion nucléaire », précise l’ACRO. Cette dernière a relié la présence de cette substance aux essais nucléaires français menés de 1960 à 1966 en Algérie, précise le quotidien français.

« Les risques sont pour les gens de la région du Sahara »

Cette matière contenue dans le sable qui a envahi l'air français, le 6 février, à cause du vent provenant du Sud, n'est pas aussi dangereuse sur la santé de la population française, rassure-t-on. En revanche, elle constitue une menace permanente pour les populations du Sud algérien.

« Les risques sont pour les gens sédentaires ou nomades de la région du Sahara. Eux, ils ont cet environnement, qui est constamment pollué depuis longtemps. Nous, ce n’est qu’un passage », a alerté Pierre Barbey, un spécialiste de la radioprotection à l’Université de Caen, et conseiller scientifique bénévole du laboratoire ACRO, cité par Le Parisien.

C'est dire que les retombées désastreuses des essais nucléaires menés par l'armée française sur le sol algérien, et qui ont fait plusieurs victimes à l'époque, sont toujours d'actualité. Ce dossier sensible constitue d'ailleurs l’un des principaux contentieux mémoriels entre Alger et Paris.

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