Les essais nucléaires français en Algérie continuent d'alimenter les débats, et notamment en ce qui concerne les conséquences de ces essais sur la santé de la population locale. En Algérie, il y aurait même un lien entre ces essais et la hausse spectaculaire du nombre de cancéreux, constatée ces dernières décennies.

Le Pr Mostefa Khiati, président de la Forem, croit déceler un lien entre les deux phénomènes. Dans un entretien accordé au site francophone TSA, Mostefa Khiati regrette que l'Etat algérien n'ait mené aucune étude pour connaître les conséquences exactes des essais nucléaires français sur la population algérienne.

« Malheureusement, aucune étude n’est faite pour apprécier l’impact sur les populations. Le seul argument indirect que nous avons est l’augmentation spectaculaire du nombre de cas de cancers au cours des dernières décennies », a indiqué avec une certaine amertume le président de la Forem.

Il rappelle la tempête de sable qui a touché la France le 6 février. Des analyses ont révélé la présence de particules radioactives dans le sable algérien qui a atteint la France. Il est aisé de conclure que cette particule, à savoir le césium 137, est présente sur tout le territoire de l'Algérie, pas uniquement dans le Sud, où les essais ont eu lieu.

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Le sable porteur de particules radioactives

« Il n’y a pas d’études, mais comme on l’a vu pour les vents du 6 février avec l’arrivée de particules radioactives sur l’Europe, on peut admettre que chaque vent de sable qui vient d’Adrar est porteur de particules radioactives qui sont dispersées sur le Nord algérien », a soutenu Mostefa Khiati dans son argumentaire.

Il ne manquera pas de dénoncer l'immobilisme de l'Etat algérien dans cette histoire pourtant d'une gravité extrême. « Ni le ministère de l’Environnement n’effectue des mesures pourtant indispensables au cours de chaque vent de sable, ni le ministère de la Santé n’a entrepris une étude épidémiologique sur l’impact de ces effets, ni le ministère des Affaires étrangères n’a demandé officiellement la carte d’enfouissement du matériel irradié », fait savoir le président de la Forem.

Il saisira l'opportunité de cette sortie médiatique pour dénoncer la France qui « porte une grande responsabilité des conséquences de cette irradiation ». Surtout que le pays d'Emmanuel Macron refuse toujours de signer le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires qui l'oblige à aider à la décontamination des sites utilisés pour les essais nucléaires.