Le procureur de la République près le tribunal de Fellaoucene à Oran a décidé, ce lundi 1 er mars, de placer le journaliste Saïd Boudour sous mandat de dépôt. Le journaliste s'est présenté devant le tribunal pour enregistrer et déposer une opposition contre le verdict prononcé à son encontre le mois de novembre 2020, rapporte le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

La même source précise que le journaliste a été accompagné par ses avocats Ahmed Mebrek, Farid Khemisti et Messaoud Aït Rahmane. Il s'est également présenté devant le tribunal pour "l'exécution du jugement mandat de dépôt prononcé par la chambre d'accusation (Cour d'Oran)".

Le CNLD a également annoncé que "le procès du lanceur d'alertes, le détenu Noureddine Tounsi, et le journaliste Saïd Boudour est programmé pour le 2 Mars 2021, au tribunal d'Oran". La programmation du procès fait suite à l'opposition des concernés au jugement par défaut qui a été rendu le 24 Novembre 2020, dans le procès de Saïd Boudour et du détenu Noureddine Tounsi. Le journaliste a été condamné par défaut à 1 an de prison ferme et 50 000 dinars d'amende et à l'octroi à la partie civile de 500 000 dinars de réparation.

Jugé et condamné par contumace

Saïd Boudour devra répondre aux accusations d' "outrage à corps constitué", "diffamation et début de menaces". Les autres chefs d'accusation à savoir l'"atteinte au moral de l'armée", l'"atteinte à l'unité nationale" et  "publications Facebook pouvant porter atteinte à l'intérêt national" ont été annulées après requalification des faits.

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Pour rappel, le journaliste avait été jugé par contumace le 24 novembre dernier et condamné à un an de prison ferme et 50 000 dinars d’amende ainsi que des dommages et intérêts de 500 000 dinars accordés à la partie civile.

Cette nouvelle mise sous mandat de dépôt révèle la situation difficile que traverse la presse en Algérie. Elle intervient à quelques jours de la libération du journaliste Khaled Drareni. Sur un autre plan, plusieurs médias notamment Observ'Algérie continuent à être bloqués en Algérie.

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