Alors que le problème de la disponibilité du foncier freine considérablement l'investissement en Algérie, des milliers d'hectares ont été dilapidés. En effet, la superficie globale dilapidée est estimée à plus de 250 000 hectares répartis sur près de onze wilayas du pays. Ce chiffre ne comprend que les assiettes concernées par des enquêtes depuis le départ du président déchu, Abdelaziz Bouteflika.

Ces enquêtes ont aussi révélé que ces assiettes de terrain étaient à vocation agricole. Elles sont tombées entre les mains d'homme d'affaires, industriels et hommes politiques proches du président déchu grâce à des subterfuges administratifs. Ces terrains ont été d’abord déclassifiés avant d’être distribués. Cette procédure a été cependant menée de manière tout à fait irrégulière et même illégale. Selon les enquêteurs, les démarches des bénéficiaires véreux sont devenues des formalités devant une administration aux ordres des décideurs de l'époque.

Depuis le départ de Abdelaziz Bouteflika, des enquêtes ont été menées pour mettre la lumière sur certaines transactions. Plusieurs walis se sont retrouvés devant les tribunaux pour avoir signé des autorisations d’octroi de ces assiettes.

Projet de loi pour récupérer le foncier

Afin de récupérer ces assiettes, le précédent ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, avait annoncé,  quelques jours avant son départ, l’élaboration d’un projet de loi modifiant la loi 08-04 de 2008 relative au foncier industriel. Ce projet vise la récupération des assiettes des zones industrielles,  dont les propriétaires ont bénéficié d’actes de concession, et qui sont toujours non exploitées. Il avait également annoncé la récupération de près de 3 000 assiettes au niveau national, grâce à l’application de plusieurs procédures légales.

Reste à savoir si ce projet de loi tient toujours la route et si le gouvernement va oser des solutions courageuses pour mettre fin définitivement à cet épineux problème. Un problème qui est récurrent depuis l’indépendance du pays.

Lire aussi : Corruption en Algérie : Dix ans de prison requis contre un chef de daïra