La Banque d’Algérie a fini par réagir à la polémique qui enfle depuis quelques jours sur le recours des autorités à la planche à billets, suite à la mise en circulation d’un nouveau billet de banque de 2 000 DA. Les déclarations du ministre des Finances, qui avait indiqué que de grandes quantités de liquidités allaient être injectées dans les banques, ont renforcé cette hypothèse.  

En effet, la Banque d’Algérie a apporté des éclaircissements dans un communiqué, publié jeudi 25 mars. Elle explique, sur ses pages sur les réseaux sociaux, qu’il ne faut pas « confondre émission de nouveaux billets de banque et planche à billets ».

« Selon le niveau de sa production de richesse en biens et services (PIB), une économie a besoin d’un certain nombre de pièces et billets pour fonctionner (monnaie fiduciaire), à même de satisfaire la demande des agents économiques (ménages et entreprises). Une Banque Centrale émet ainsi en contrepartie d’actifs réels détenus en compte, des billets et pièces de monnaie. L’émission de billets étant une transformation de monnaie scripturale en monnaie fiduciaire, l’effet sur la taille de la masse monétaire est nul », a expliqué la Banque d’Algérie.

« Par contre, la planche à billets consiste à émettre de la monnaie sans contrepartie équivalente en richesse réelle, c’est de la création monétaire, « création ex nihilo » (création de rien) non adossée à l’existence d’actifs réels », précise encore la BA dans son communiqué.

La planche à billets inévitable, selon des spécialistes

A noter que de nombreux spécialistes en économie pensent que le recours à l’endettement extérieur et à la planche à billets est inévitable pour faire face à la crise économique que vit l’Algérie. Une crise amplifiée par la propagation de la pandémie de coronavirus.

Le professeur en stratégie et spécialiste en financements internationaux Dr Lachemi Siagh estime que « vu l’ampleur des crises économique, pétrolière et sanitaire en Algérie en 2020 et aux besoins récurrents non budgétisés au cours des prochaines années, il n’y a pas d’autres solutions que le recours, qu’on le veuille ou non, à la planche à billets ».