Les services de la brigade de cybercriminalité de la police judiciaire de Tébessa ont interpellé, jeudi 25 mars, un élève de 19 ans. Selon le quotidien arabophone Echorouk, le mis en cause est poursuivi pour « atteinte au prophète de l’islam » et « offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’islam ».

Selon la même source, l’adolescent, qui prépare son baccalauréat, a été présenté en comparution immédiate devant le juge qui devrait rendre son verdict en fin de semaine. Le jeune homme serait l’administrateur d’une page Facebook par le biais de laquelle il partageait des contenus pouvant porter « atteinte au prophète de l’islam » et au « dogme et préceptes de la religion musulmane ».

A noter que la loi algérienne punit de trois à cinq ans d'emprisonnement et/ou d'une amende « quiconque offense le prophète ou dénigre le dogme ou les préceptes de l'islam, que ce soit par voie d'écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ». Une peine décriée et dénoncée par beaucoup d'activistes politiques, invoquant le droit à la liberté d’expression.

En février dernier, c’était l’universitaire et islamologue algérien Saïd Djabelkheir qui a été poursuivi en justice par sept avocats et un autre universitaire pour « offense aux préceptes de l'islam ». Il lui est notamment reproché d'avoir rappelé que le sacrifice du mouton a préexisté à l'avènement de l'islam, et d'avoir critiqué certaines pratiques, comme le mariage précoce des jeunes filles dans certaines sociétés musulmanes.

Diplômé en sciences islamiques et auteur de deux ouvrages traitant de la religion, M. Djabelkheir a fait remarquer qu'il est « accusé par des personnes qui n'ont aucune compétence en matière de religion ».

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