Depuis la généralisation de l'utilisation des réseaux sociaux, il ne se passe pratiquement plus un jour sans que de fausses informations inondent la toile. Appelées fake news dans le jargon médiatique, ces fausses informations sont partagées et gagnent en crédibilité chez les internautes qui réagissent sans vérification. Depuis quelques jours, la capture d'écran d'une déclaration attribuée au ministre algérien des Affaires religieuses sur la mixité a largement circulé sur les réseaux. Ecrite en arabe, cette déclaration, reprise supposément d'un site appelé « El Hadath El Djazayri », n'a aucune véracité. La capture d'écran en question a été travaillée avec un logiciel à la portée de n'importe quel internaute. 

Les propos prêtés au ministre des Affaires religieuses ont trait à la mixité dans le Hirak. Selon la capture d'écran, Youcef Belmehdi a déclaré que « le mélange des hommes et des femmes au sein du Hirak et un péché » et que « la police a le droit d'intervenir pour séparer les hommes et les femmes qui se mélangent ». Nous avons vérifié cette information et nous n'avons trouvé aucune trace de son existence, ni sur le site « El Hadath El Djazayri » ni sur d'autres médias. Cette capture d'écran a été partagée dans plusieurs groupes et pages Facebook, ainsi que sur Twitter. Elle a été largement commentée par les internautes qui ont été nombreux à dénoncer « les propos du ministre ».

Karim Tabbou victime du même procédé

Il faut signaler que ce genre d'informations est partagé quotidiennement sur les réseaux sociaux. Il y a quelques jours, une capture similaire prêtait à Karim Tabbou une déclaration sur « ses biens en France ». Le secrétaire général de l'UDS a réagi à cette information, également partagée sous forme de capture d'écran, en dénonçant  « certains milieux en mal d’idées et obéissant clairement aux ordres de leurs maîtres » qui tentent de colporter « les rumeurs insensées et dénuées de tout fondement sur les prétendues entreprises, commerces et investissements en France me concernant ».

Il faut aussi noter que ce genre de capture devient récurrent sur les réseaux sociaux. Elles font partie de moyens de « lutte politique » pour discréditer les uns et les autres. Il y a également un phénomène appelé appelé « mouches électroniques » (trolls). Il s'agit d'internautes qui lancent des campagnes pour décrédibiliser les activistes politiques depuis le début du Hirak.

Lire aussi: Algérie : Des personnalités du Hirak victime d’une fake news