La transition énergétique en Algérie est présentée comme l'une des priorités du gouvernement. Elle est présente en force dans le discours officiel. Cependant, dans la réalité, le constat est tout autre. C'est ce qu'a affirmé le directeur général du Cluster Energie Solaire Boukhalfa Yaïci, mercredi 31 mars, sur les ondes de la Radio nationale chaîne 3.

Boukhalfa Yaïci a indiqué que « les choix politiques qui ont été faits, en misant sur l’utilisation du cycle combiné pour la production de l’énergie électrique, à partir du gaz naturel avec l’installation de 1500 à 1800 mégawatts par an, ont influé négativement sur la promotion de l’énergie renouvelable en Algérie ». 

Le directeur général du Cluster Energie Solaire contredit le discours officiel qui affirme que l'exploitation de cette énergie est devenue une priorité du gouvernement. « Par rapport aux projections faites en matière d’énergies renouvelables, nous sommes très en retard. Les chiffres annoncés tablaient sur une capacité de 2 600 à 4 500 mégawatts pour 2020, or nous en sommes à peine à 400 mégawatts. Le retard est évident et important comparativement à ce qui a été fait durant cette même période à l’échelle internationale, et plus particulièrement au Maghreb, en Afrique et dans la région MENA », a-t-il affirmé.

Très peu de place réservée aux énergies renouvelables

Boukhalfa Yaïci ajoute, en parlant du développement de ces ressources depuis 2011 en Algérie, que « nous sommes passés de 11 000 mégawatts à 22 mégawatts en 2021, ce qui veut dire que pendant toutes ces années, nous n’avons pas fait grand-chose dans le domaine du solaire ». Il explique ce retard par « les choix politiques qui ont été faits, en misant sur l’utilisation du cycle combiné pour la production de l’énergie électrique à partir du gaz naturel, avec l’installation de 1 500 à 1 800 mégawatts par an, (ce qui a) influé négativement sur la promotion de l’énergie renouvelable en Algérie ».

Le directeur général du Cluster Energie Solaire reste sceptique quant à l'avenir. Il affirme : « J’ai l’impression que cela ne risque pas de changer dans les prochaines années. Nous allons vers l’ajout de 3 600 à 3 800 mégawatts de capacité cette année, juste pour faire face au pic de l’été. Ce pic est attendu autour de 17 600 mégawatts. Nous allons donc nous retrouver avec une surcapacité installée de 23 000 mégawatts. Cela ne manquera pas de générer une surconsommation, avec une incidence sur le coût de production de l’énergie électrique ».

Boukhalfa Yaïci indique que, dans le programme qui s’étale jusqu'en 2035, « très peu de place a été laissée aux énergies renouvelables, alors que Sonelgaz a bénéficié de financements publics qui vont être utilisés pour l’installation de milliers de mégawatts à partir de cycle combiné».

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