La compagnie aérienne nationale Air Algérie se trouve au bord de la faillite. Dans quelques semaines, ses dirigeants seront incapables de prendre en charge les salaires des 9 600 employés de l'entreprise. C'est ce que révèle le quotidien francophone Liberté qui cite une source proche de la compagnie, reprenant les propos du patron par intérim du transporteur national.

Selon la même source, Air Algérie risque de se retrouver avec une trésorerie entièrement dans le négatif. Sérieusement impactée par la pandémie de coronavirus, la compagnie nationale se trouve dans le rouge, selon les propos de son président-directeur général par intérim, Amine Mesraoua, qui considère la situation de son entreprise comme préoccupante.

C'est lors d'une réunion du Conseil d'administration que le patron intérimaire a tenu ces propos. « Le PDG a tout mis sur la table pour que tout le gouvernement soit au courant du spectre de la faillite qui guette la compagnie qui se retrouvera, dans quelques semaines, avec une trésorerie totalement dans le négatif »,  a indiqué la même source.

La pandémie et la fermeture des frontières affectent la trésorerie d'Air Algérie

L'immobilisation de sa flotte, en raison de la pandémie et de la fermeture des frontières, impacte lourdement la compagnie. La crise est tellement lourde que même la relance des vols domestiques ne réussira pas à atténuer son intensité. La même source affirme que la maintenance des avions coûte très cher et pèse sérieusement sur la trésorerie de la compagnie. « C’est la maintenance des avions qui absorbe des millions de dollars chaque semaine, qui risque de couler la compagnie si l’immobilisme des avions se poursuit encore quelques mois », prévient l'interlocuteur du quotidien.

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Le remplacement du patron (intervenu en janvier) ne réglera pas la situation alarmante de l'entreprise si l'Etat ne met pas la main à la poche. Surtout que les difficultés financières vont continuer à s'accentuer si rien n'est fait entre-temps. Air Algérie attend donc un sauvetage de la part de l'Etat, comme l'ont fait de nombreux Etats dans le monde. L'exemple du Maroc est édifiant, dans la mesure où la monarchie a mis la bagatelle de 620 millions de dollars à la disposition de la Royal Air Maroc.

Des vols de rapatriement qui bénéficient aux compagnies étrangères

Aujourd'hui, non seulement Air Algérie n'a reçu aucune aide de l'Etat, mais en plus, la compagnie est inexplicablement « exclue » des vols de rapatriement qui auraient pu atténuer sa situation catastrophique. Pour l'instant, les vols de rapatriement bénéficient uniquement à des compagnies étrangères, particulièrement françaises, qui appliquent des tarifs prohibitifs pour atténuer leurs difficultés financières.

Et pourtant, les difficultés du pavillon national ne sont pas une vue de l'esprit. Ses propres responsables ont annoncé un manque à gagner énorme, en raison de la pandémie de coronavirus. « La compagnie a subi des pertes financières considérables dues au Covid-19. Un manque à gagner de l’ordre de 38 milliards de dinars sur le chiffre d'affaires des vols passagers qui devrait atteindre les 89 milliards de dinars d'ici à la fin de l'année », a-t-on fait savoir.

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Même le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a évoqué la question en juillet 2020. Il avait parlé du coût de l'annulation des vols pour Air Algérie. A ce titre, il avait indiqué que l'annulation des vols, provoquée par la propagation du coronavirus, avait coûté la coquette somme de 16,3 milliards de dinars. C'est dire que si l'immobilisation de la flotte se poursuit sans une intervention de l'Etat, Air Algérie risque de mettre la clé sous le paillasson, au grand dam de ses milliers d'employés.

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