Le tourisme est l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie de coronavirus. Il a été durement impacté par la fermeture des frontières et les restrictions sanitaires. Les agences de voyages et de tourisme sont au bord de la faillite. Cependant, cette pandémie peut représenter une réelle opportunité pour développer le tourisme local. C’est dans ce sens que l’Association de tourisme, loisirs, échanges et développement (ATLD) de la région Saoura, à Bechar, a lancé un appel aux autorités. Un appel relayé sur les colonnes du quotidien El Watan de ce mardi 6 avril.

Ainsi, l’association en question préconise de profiter de cette période de pandémie et de fermeture des frontières pour booster le tourisme saharien. Le représentant de l’association, Mohamed Dali, a estimé qu’il était « nécessaire de penser à des dérogations pour faciliter les déplacements et les séjours touristiques dans le Sud aux touristes locaux, tout en respectant le protocole sanitaire imposé ».

Pour sauver ce secteur, Mohamed Dali appelle les autorités à prendre des mesures exceptionnelles. Il propose, notamment, la réduction des tarifs des billets d’avion vers le Sud, tout en rappelant que, jusque-là, la décision de réduction de 50% des billets d’avion au profit des agences de voyages « n’a jamais été appliquée ».

Le représentant de l’ATLD suggère également l’octroi d’aides aux investisseurs qui veulent développer le secteur. « L’Etat doit accompagner et encourager les projets du tourisme, surtout que le problème essentiel se pose dans l’hébergement », insiste Mohamed Dali. Il affirme aussi qu’il est « urgent de lancer un plan de restauration de ces vieux ksour en état de dégradation et qui peuvent servir comme lieux d’hébergement ». Mohamed Dali, qui estime les pertes du secteur à 500 milliards de centimes, espère que l’activité touristique sera boostée, surtout avec la saison estivale et la reprise des bains de sable.

Le tourisme, un secteur marginalisé

Malgré ses atouts touristiques et la beauté de son désert unique, l’Algérie n’est toujours pas considérée comme une destination touristique par excellence, comparativement à ses voisins marocains et tunisiens. Il faut dire que l’Algérie n’arrive toujours pas à développer son tourisme local. Cette pandémie, qui empêche les Algériens de voyager, peut être une bonne opportunité pour se rabattre sur ce type de tourisme. Cependant, les experts considèrent que le secteur du tourisme en Algérie peine à émerger. Il est victime du manque de volonté réelle des pouvoirs publics. Les infrastructures dont dispose le pays sont soit insuffisantes, soit mal gérées.

Par ailleurs, et malgré les capacités du Sahara algérien, le tourisme saharien est peu valorisé. L’Algérie, qui possède un Sahara qui couvre les deux tiers de la superficie du pays, ne met pas ses atouts en valeur. La beauté des sites sahariens ne suffit pas pour attirer les visiteurs. Il s’avère urgent de développer une stratégie offensive sur tous les plans pour concurrencer les pays voisins, qui ont mis le paquet sur ce tourisme pour rattraper le retard.

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