Placées en détention provisoire depuis le 9 décembre 2020, pour des affaires de corruption, les deux anciennes ministres Imène Houda Feraoun et Djamila Tamazirt, ont été présentées ce mercredi 7 avril devant le juge d'instruction du tribunal Sidi M'hamed, à Alger.

Les deux anciennes ministres qui sont accusées de dilapidation de deniers publics et de pertes considérables pour le Trésor public, ont été présentées ce mercredi matin devant le juge d’instruction, près le pôle financier du tribunal de Sidi M’hamed.

Cette nouvelle convocation devant le juge s'inscrit dans le cadre de la poursuite des enquêtes dans les affaires où elles sont considérées comme suspectes. L'ancienne ministre des Postes et Télécommunications, Imène Houda Feraoun est poursuivie dans l'affaire des frères Kouninef alors que l'ancienne ministre de l'Industrie Djamila Tamazirt est accusée dans l'affaire du Groupe Benamor du temps où elle exerçait les fonctions de directrice générale du groupe ERIAD de Corso dans la wilaya de Boumerdes.

Selon le site arabophone Ennahar, les deux anciennes ministres ont été conduites, ce mercredi matin, au tribunal de Sidi M'hamed par les éléments de la gendarmerie nationale, et ce, depuis leurs cellules à la prison où elles s'y trouvent en détention provisoire depuis bientôt quatre mois.

Le juge d'instruction du pôle spécialisé du même tribunal a entendu Imène Houda Feraoun dans la fameuse affaire liée aux frères Kouninef, propriétaires du groupe KouGC, et au contrat que l’une de leurs filiales, Mobilink, avait obtenu auprès d’Algérie Télécom, pour l’installation de cabines téléphoniques publiques Horia.

Un énorme préjudice causé au trésor public

Selon le rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), le préjudice causé au trésor public lors de l'attribution de ce contrat dépasse les 30 millions de dollars. L'ancienne ministre de la Poste et des Télécommunications, que l'on surnommait la chouchou du clan Bouteflika, est également poursuivie dans l'affaire Algérie Telecom.

Selon la même source, Houda Feraoun et son staff ont agi contre l’intérêt public lors de la conclusion d’un accord avec des concessionnaires économiques internationaux, concernant la ligne téléphonique à haut débit «FTTH» pour un montant de 131 millions de dollars. Selon le rapport de l'IGF, le préjudice causé au trésor public lors de la conclusion de ce contrat est évaluée à 73 millions de dollars.

Djamila Tamazirt poursuivie comme DG de l'ERIAD

Pour sa part, l'ancienne ministre de l'Industrie, Djamila Tamazirt, a été placée en détention en sa qualité de directrice générale du complexe de l'ERIAD de Corso pour des affaires distinctes, liées à «l’abus de fonction», «dilapidation de deniers publics», «violation de la réglementation des marchés publics» et «octroi d’indus avantages».

A l'époque des faits, l'ancienne DG du Complexe ERIAD était chargée de mettre en œuvre le projet d’une boulangerie moderne, mais l’activité a été transformée en un projet lié aux céréales et ses dérivés. Selon l’expertise, la valeur du projet a mobilisé d’énormes sommes d’argent en francs suisses, en euros et en dollars américains. L’enquête a également révélé que cette dernière était impliquée dans l’affaire Benamor, étant donné que Djamila Tamazirt a un lien de parenté avec Amor Benamor, et qu’elle est associée dans l’entreprise au nom de son mari.

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