Le  Ramadan a débuté cette année en Algérie sur fond de grogne sociale avec deux importants mouvements de grève enclenchés par les enseignants des trois cycles du secteur de l’Education nationale et des travailleurs de la Poste. Deux mouvements de grève entamés la veille du mois sacré et qui se sont poursuivis ce mardi 13 avril. Ils ont paralysé la majorité des établissements scolaires à l’échelle nationale et de nombreux bureaux de poste à travers plusieurs wilayas du pays.

Cette grève «surprise» dans plusieurs bureaux de poste d'Algérie et qui n’a pas été précédée d’un préavis, a suscité un vent de colère chez des citoyens qui n’ont pas pu retirer leur argent à la veille du mois du ramadan. Les travailleurs de la poste auraient déclenché ce mouvement de grève en raison du non-versement de la prime annuelle aux travailleurs, mais aussi pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail.

Des bureaux de poste fermée pour le deuxième jour de suite

Le débrayage s’est poursuivi aujourd’hui au grand dam des usagers, qui se sont retrouvés devant des guichets fermés à une période où l’on observe un afflux implorant des citoyens pour retirer leur argent.

La grève de deux jours dans le secteur de l’Education nationale a largement été suivie dans les trois paliers (primaire, moyen et secondaire), selon les responsables du Cnapeste, le syndicat à l’origine de l’appel à ce débrayage. Le taux de suivi de la grève au premier jour a dépassé 70% au niveau national, selon les chiffres avancés par le Cnapeste.

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Même topo, pour ce mardi 13 avril, au deuxième jour du mouvement de grève, ajoute la même source. Pour ce syndicat, l’adhésion au mot d’ordre de grève a été suivi largement et à travers la majorité des établissements scolaires du pays.

Plus de 70 % des écoles du pays paralysées

Dans certaines wilayas notamment à Alger, Tizi Ouzou, Boumerdes, Oran, Annaba, Constantine, Bejaïa et Bouira, la grève a dépassé 90 %, selon les responsables du Cnapeste.

Ce débrayage de deux jours, décidé depuis plusieurs semaines, a pour but, selon le Cnapeste, de faire réagir la tutelle quant aux revendications socioprofessionnelles non satisfaites qui lui sont soumises. "Cette grève reste une action parmi tant d’autres prévues dans le futur, notamment si la tutelle ne réagit pas pour satisfaire nos différentes revendications", a indiqué Messaoud Boudiba, porte-parole du syndicat gréviste.

La fuite en avant des pouvoirs publics

Mais au lieu de satisfaire les revendications des enseignants ou du moins se mettre autour de la table des négociations pour trouver la meilleure formule à même d’empêcher ce débrayage qui ne sera pas sans conséquence sur la scolarité des enfants, le ministre de l’Education a préféré opter pour la politique du bâton.

En effet, dans une note adressée ce mardi aux directeurs de l’Education à l’échelle nationale, le ministre de l’Éducation Mohamed Adjaout, les a instruits d’opérer des retenues sur salaires du nombre des jours de grève pour l’ensemble des grévistes.

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C'est une décision qui a fait réagir, ce mardi, le Cnapeste, par la voix de son porte-parole, jugeant cette décision "illégale" et "une entrave au droit syndical". "Au lieu d’écouter nos revendications, la tutelle a encore une fois eu recours à la fuite en avant" ajoute-t-il non sans préciser que "le Cnapeste va poursuivre sa lutte jusqu’à l’aboutissement des revendications des enseignants".

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