Pour avoir annulé un contrat pour l'exploitation d'un champ gazier du sud de l'Algérie, l'entreprise britannique Sunny Hill Energy a menacé le géant algérien du gaz et du pétrole, Sonatrach, de porter l'affaire en justice pour avoir « agi de manière agressive et irrationnelle ». Désormais, les Britanniques veulent des indemnisations qui pourraient dépasser le milliard de dollars. De son côté, la société algérienne affirme avoir procédé à cette résiliation « dans le respect du contrat ».

Dans un communiqué diffusé ce jeudi, l'entreprise britannique Sunny Hill Energy reproche à la société pétrolière et gazière algérienne Sonatrach d'avoir « illégalement annulé » un contrat entre les deux parties pour l'exploitation par le groupe britannique d'un champ gazier se trouvant à Aïn Tsila, dans la wilaya d’Illizi, dans le sud de l'Algérie.

« Sonatrach a agi de manière agressive et irrationnelle. Cette expropriation est le type de geste attendu de la part du Venezuela d'Hugo Chavez mais pas d'un pays comme l'Algérie », déclare Angelo Moskov, président de Sunny Hill. Il affirme que cette mesure va à l'encontre « des efforts de l'Algérie pour attirer des investissements étrangers ».

Sunny Hill Energy va poursuivre Sonatrach en justice

La même société a, en outre, souligné que le géant pétrolier algérien n'a proposé aucune compensation financière, au moment où elle dit avoir « investi des centaines de millions de dollars dans le projet » dont elle détient 38,25% des parts. De ce fait, Sunny Hill Energy dit « contester la validité de la résiliation du contrat » par Sonatrach. L'entreprise britannique a d'ailleurs fait appel à un avocat, et compte « poursuivre tous les recours juridiques pour l’indemniser pour la perte de ses intérêts que Sunny Hill Energy évalue à environ un milliard de dollars », soit environ 835 millions d'euros.

Les précisions de la Sonatrach

Par ailleurs, le groupe Sonatrach n'a pas tardé à réagir aux accusations de la société britannique. Dans un communiqué diffusé ce jeudi 15 avril, la compagnie algérienne des hydrocarbures a confirmé avoir procédé le 12 avril 2021 à « la résiliation du contrat pour la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures sur le périmètre Isarene (blocs 228 et 229a), conclu le 26 septembre 2004 avec la société Petroceltic International PLC », rebaptisée Sunny Hill Energy.

Le groupe pétrolier algérien a toutefois souligné que cette résiliation s'est faite « dans le respect du contrat et notamment des clauses qui lui reconnaissent ce droit ». Sonatrach explique également qu'elle « a exercé ce droit après avoir vainement demandé à Petroceltic de se conformer à ses obligations contractuelles » et rappelle que le groupe britannique « dont le taux de participation était de l’ordre de 75% à la signature du contrat, a réduit sensiblement sa participation par deux cessions successives de ses droits et obligations formalisées par des avenants » pour atteindre un taux de 38,25%.

Enfin, la même source indique qu' « en vertu de la notification de résiliation, un délai est accordé à Petroceltic pour opérer le transfert des opérations pétrolières à Sonatrach » qui poursuivra les efforts de développement de ce projet dans l’objectif d’une mise en production de ce gisement en novembre 2022 », conclut le communiqué.

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