Depuis la fermeture des frontières de l’Algérie pour cause de coronavirus, plusieurs centaines d’Algériens sont restés bloqués à l’étranger, notamment en France. Ces ressortissants vivent un véritable calvaire. Coupés de leurs familles, certains ont vécu le drame de la perte de proches sans être présents à l'enterrement. Ils n'ont donc pas pu faire leur deuil. 

Les témoignages de ces ressortissants, qui se disent abandonnés par le gouvernement algérien, sont nombreux. « Ils nous traitent comme des moins que rien, oubliant que nous avons le droit en tant que citoyens algériens de nous rendre dans notre pays », dénonce un jeune étudiant sur les colonnes du journal Liberté. L’étudiant a perdu son père des suites d'un cancer. Il n'a pas pu rentrer le voir avant qu'il ne rende l’âme, ni assister à son enterrement. « En voyant la fin approcher, j’ai tenté par tous les moyens de partir. Je me suis déplacé au consulat tous les jours dans l’espoir d’obtenir une autorisation pour prendre l’avion. Mais on a refusé de me la délivrer, prétextant des instructions reçues depuis Alger », a-t-il regretté.

Une autre ressortissante confie : « J’ai perdu ma mère le 6 mars et mon père vient de la rejoindre. Il est décédé le 7 avril (...). Ils étaient vieux et usés par la vie. Leur disparition ne me surprend pas, mais j’étais loin d’imaginer que je serai absente à leur enterrement ». Un autre Algérien, excédé par cette situation, déclare: « Ils (les responsables, ndlr) n’ont aucun mal à voyager alors que nous sommes considérés comme des pestiférés. C’est inhumain ».

Ces Algériens dénoncent également la politique du deux poids deux mesures. « Les privilèges sont réservés aux célébrités, même dans les moments les plus tragiques », dénonce une Algérienne qui n'a pas pu assister à l'enterrement de son père.

Les Algériens ne cessent de s'indigner

Les ressortissants algériens qui se trouvent dans la même situation ne cessent, depuis la fermeture des frontières, de s'indigner. Ils ont organisé plusieurs rassemblements et envoyé des centaines de lettres. Afin de faire entendre leurs voix, ils ont créé des collectifs et pris des avocats pour défendre leur cause. N'ayant pas pu faire avancer leurs revendications, ils ont également créé des groupes sur les réseaux sociaux afin de s'entraider et partager leurs expériences.

Ainsi, cette mesure qui éloigne les Algériens de leur pays est considérée comme discriminatoire. La diaspora algérienne à l’étranger, notamment en France, crie à l’abandon. Ces Algériens proposent d'autres solutions pour leur permettre de rentrer au pays. Ils préconisent de rendre obligatoires les tests PCR et de se confiner à leurs frais à leur arrivée en Algérie.

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