Alors que certaines banques affichent leur optimisme quant à la hausse des prix du pétrole, le Crédit agricole est plutôt pessimiste. Le groupe bancaire prévoit des barils de pétrole à 62 dollars et 67 dollars en moyenne respectivement pour 2021 et 2022.

La banque française explique, par l’intermédiaire de Stéphane Ferdrin, ingénieur-conseil pétrole et gaz à la direction des études économiques de l'institution, que le contexte n'est pas favorable à une reprise économique de grande envergure.

« Notre scénario de prix du pétrole se fonde sur un équilibrage volontaire via l’offre du marché pétrolier par l’Opep+ en 2021 et le premier semestre de 2022 », souligne Stéphane Ferdrin. Il indique que « l'Arabie saoudite et ses partenaires principaux adapteraient leurs productions afin de maintenir le marché pétrolier légèrement déficitaire, permettant progressivement de réduire les stocks ».

La stratégie payante de l'Opep

Cet expert estime que « cette stratégie devrait permettre aux membres de l’Opep+ de maintenir les prix du pétrole dans une fourchette raisonnable entre 60 et 70 dollars par baril pour leurs finances publiques, tout en limitant le risque d’emballement de la production américaine de pétrole ». « Depuis le dernier accord d’avril 2020 de l’Opep+, tous les membres de l’organisation ont respecté scrupuleusement les quotas de réduction. Entre juillet et décembre 2020, l’Opep et la Russie ont en effet suivi à hauteur de 100% et 95% respectivement les recommandations de limitation », affirme l'expert pour expliquer la hausse relative des prix du pétrole ces derniers mois.

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Stéphane Ferdrin ajoute que « la consommation de pétrole devrait progressivement se redresser à mesure que les campagnes de vaccination s’étendent et accélèrent, mais la demande en pétrole pourrait ne pas dépasser son niveau pré-crise (100 millions de barils par jour du dernier trimestre 2019) avant la fin 2022 ». Il explique également que si la demande sur l'or noir atteint son maximum dans les pays européens, où l'activité économique a repris, « l’Asie et les pays émergents seront donc les principaux moteurs de la croissance de la demande en produits pétroliers ».

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