Un collectif d'avocats a adressé, ce dimanche, une requête au ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, pour classer le mouvement Rachad comme organisation terroriste. La requête, dont nous détenons une copie, a été signée par quatre avocats, à savoir Mes Touati Lahcen, Bouchara Ibrahim, Zouaoui Mohamed et Bournane Hasna.

Les signataires ont fondé leur requête sur la loi algérienne, qui permet de classer comme organisation terroriste tout mouvement ou groupe qui porte atteinte à l'unité nationale, l'intégrité territoriale et la sécurité de l'État. Les auteurs affirment dans leur requête adressée au ministre de la Justice, garde des Sceaux, « détenir des preuve suffisantes pour classer le mouvement Rachad comme une organisation terroriste ».

Ils citent « la classification en 2017 par le Conseil de sécurité de l’ONU de certains éléments du mouvement comme dangereux et recherchés au niveau international et local en raison de leur implication dans des actes terroristes et le financement de certains groupes terroristes dans plusieurs endroits du monde ».

La requête adressée à Belkacem Zeghmati ajoute que « Rachad est actif à l’extérieur du pays et a des relais internes par lesquels il menace la sécurité des citoyens, les institutions de l’État, et l’armée nationale populaire (ANP). » Cette requête initiée par un collectif d’avocats algériens contre le mouvement Rachad est une première depuis la création, il y a 14 ans, de ce mouvement issu de la confrérie des Frères musulmans.

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« Menace sur la sécurité des citoyens et des institutions de l’État »

Un mouvement qui continue de susciter la polémique au sein de la classe politique, notamment depuis le soulèvement populaire du 22 février 2019. De nombreuses figures du Hirak et des responsables politiques, à l'instar de Saïd Sadi, n’hésitent pas à accuser ce mouvement, dirigé depuis l’étranger par des figures de l’ex-FIS, de mainmise sur le mouvement populaire.

En effet, Rachad est soupçonné, par ses détracteurs, de « chercher à infiltrer et entraîner dans la violence le mouvement pacifique du Hirak ». Pour eux, le mouvement est « devenu maître dans la manipulation des masses, tout en prônant en catimini la violence, le terrorisme et l'expiation des opposants politiques à même de préparer le terrain à l'hégémonie sur le pouvoir ».

Le mouvement Rachad a été fondé en 2007 par un certain nombre d'opposants algériens issus de l’ex-FIS, dont Abbas Aroua, Mourad Dhina, Rachid Mesli, Mohamed Samraoui et Mohamed Larbi Zitout. Ces derniers composent le secrétariat du mouvement et vivent tous en exil entre l’Angleterre, la Suisse, la France et la Turquie.

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