Les services de sécurité de la wilaya d'Alger ont procédé de nouveau à l'arrestation du mineur Saïd Chetouane, a indiqué, ce lundi 26 avril, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook. Le concerné, arrêté une première fois au début du mois en cours, avait déclaré à sa sortie du commissariat avoir été victime d’« attouchements » par des policiers, provoquant une grosse polémique en Algérie.

Le jeune militant Saïd Chetouane a été interpellé une nouvelle fois par les services de sécurité, ce lundi 26 avril, à Alger. D'après le CNLD, l'arrestation du mineur a eu lieu devant le tribunal de Sidi M'hamed, dans la capitale. La même source ne donne aucun autre détail, notamment sur les raisons de l'interpellation de Saïd Chetouane qui était présent devant le tribunal afin d'apporter son soutien aux détenus du mouvement populaire en Algérie.

Mais dans un communiqué diffusé peu de temps après l'information de l'arrestation de l'adolescent, le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'hamed a indiqué que le juge des mineurs du même tribunal a « ordonné le placement du mineur Chetouane Mohamed Arezki Saïd dans un centre spécialisé pour la protection des enfants », suite à « un comportement agressif » de sa part, et qui « contrevient aux mesures prises auparavant en sa faveur ».

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Saïd Chetouane placé dans un centre spécialisé pour la protection des enfants

« Parallèlement aux poursuites judiciaires engagées contre des accusés majeurs impliqués dans l'exploitation et la diffamation du mineur susmentionné, un dossier concernant l'enfant mineur a été ouvert le 05 avril 2021 pour sa présence en danger moral », ajoute le même communiqué. La juge des mineurs avait auparavant décidé « sur la base de l’intérêt de l’enfant, de le remettre à sa mère à titre de mesure prévue par la loi sur la protection de l’enfance, tout en obligeant sa mère à prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer qu’elle s’occupe bien de lui », a indiqué la même source.

Cependant, malgré cette procédure, le communiqué ajoute que le mineur Saïd Chetouane a poursuivi sa participation aux marches, « un comportement en violation des mesures décidées par le juge des mineurs, après une participation à des marches non autorisées accompagnées d'adultes tout en continuant à le diffamer ».

Sur cette base, la juge des mineurs a décidé, « sur la base du réquisitoire du parquet, de modifier les mesures prises à son égard et a ordonné le placement de l'intéressé dans un centre spécialisé pour la protection des enfants », lit-on sur le communiqué du procureur de la République du même tribunal.

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Saïd Chetouane avait indiqué avoir subi des « attouchements sexuels » de la part de policiers

Il est à rappeler que Saïd Chetouane, né le 25 juin 2005, avait été arrêté samedi 3 avril lors d'une marche des étudiants dans la capitale. À sa sortie du commissariat, l'adolescent avait révélé, en larmes, avoir été victime d’« attouchements » de la part de policiers dans un commissariat d’Alger.

Enregistrées par d'autres militants qui l'attendaient à sa sortie du poste de police, les images de Saïd Chetouane, effondré, avaient fait le tour des réseaux sociaux et des médias algériens et étrangers. Ce qui a poussé les services compétents à ouvrir une enquête approfondie sur l'affaire. Le 5 avril, le procureur de la République près la Cour d’Alger a indiqué, lors d’une conférence de presse, que Saïd Chetouane « a été examiné le 5 avril par deux médecins légistes » au niveau du CHU Mustapha Pacha d’Alger. Les examens ont montré que « la victime ne rapporte pas la notion de contre-nature », a indiqué le procureur qui a ajouté que l'adolescent avait refusé « d’être soumis à un examen des organes génitaux externes ».

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