C'est un véritable cri de détresse que lancent les travailleurs de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (ENIEM), sise à Tizi Ouzou, en Kabylie. Par le biais de leur section syndicale, il s'en remettent au chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, qu'ils appellent à intervenir pour éviter le pire à cette entreprise publique.  

L'Entreprise nationale des industries de l'électroménager (ENIEM) peine de plus en plus à sortir de l'ornière. C'est ce qui ressort de la lettre ouverte adressée, lundi 3 mai, par la section locale de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) au chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune. 

Dans ladite missive, la section syndicale de l'ENIEM dresse un tableau noir de la situation de cette entreprise. « L’ENIEM est aujourd’hui dans l’œil du cyclone, confrontée d’une part à de sérieuses difficultés financières, et, d’autre part, totalement bloquée par les conditions drastiques du cahier des charges contenu dans le décret exécutif n° 20-313 », peut-on lire dans cette lettre.

« L’entreprise sera condamnée à la disparition »

« Après la promulgation du décret exécutif n°20-313, fixant les conditions d’accès au régime fiscal préférentiel, l’ENIEM s’est retrouvée dans une véritable impasse. Et pour cause, les taux d’intégration fixés pour ouvrir droit au régime préférentiel sont de beaucoup supérieurs à ceux atteints par l’entreprise. A titre d’exemple, le taux d’intégration exigé, par le cahier des charges, dans la gamme des produits Froid est de 60% alors que le taux d’intégration réel atteint par l’entreprise avoisine à peine les 30% », expliquent les rédacteurs de cette déclaration.

Pour ces derniers, « à défaut de disposer dans l’immédiat d’un fonds d’investissement conséquent qui lui (ENIEM, ndlr) permettrait de se mettre au diapason des nouvelles exigences réglementaires en matière d’intégration, l’entreprise sera condamnée à la disparition ».

A cet effet, la section syndicale de l'ENIEM implore le chef de l'Etat d'intervenir pour sauver cette entreprise. « Nous nous adressons à vous car la situation impérieuse que traverse actuellement notre entreprise risque à terme de déboucher sur une grave crise », écrivent les représentants des travailleurs dans leur courrier.

Ils préconisent un plan de relance adéquat à même d'éviter un lendemain sombre à leur entreprise. « (...) En l’état actuel des choses, risquant un arrêt imminent faute de possibilité d’approvisionnement en matières premières, notre entreprise a besoin pour sa relance de disposer à la fois de fonds conséquents et d’une rallonge de temps qui lui permettrait d’accéder au niveau d’intégration requis », estiment-ils.

Les propositions des travailleurs

Concrètement, ils réclament « l’octroi d’un conséquent crédit d’investissement en vue de la modernisation des chaînes de production et le gel du décret exécutif n° 20-313 durant au moins trois ans, le temps nécessaire à la rénovation et/ ou réalisation des chaînes de production avec à clé l’atteinte des taux d’intégration requis »

Il est à rappeler que cette même entreprise a été secouée par des crises financières successives. Il y a quelques mois, elle a dû suspendre la production pendant une longue période.

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