Après le variants sud-africain, nigérian et britannique, l’Algérie a enregistré, le 3 mai, ses premiers cas d’infection par le variant indien du Covid-19. Il s’agit de six ressortissants indiens travaillant sur un chantier dans la wilaya de Tipaza, a indiqué, ce mardi 4 mai, le directeur général de l’Institut Pasteur Algérie (IPA), Faouzi Derrar, sur les ondes de la Radio nationale. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le variant indien, nommé B.1.617, a été signalé dans une vingtaine de pays, dont l’Algérie, ce qui suscite des inquiétudes à l’échelle mondiale.

Toutefois, il faudra signaler que pour le moment, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’a pas encore classifié ce nouveau variant comme « préoccupant », mais simplement comme « variant d'intérêt », précisant que « des recherches supplémentaires », notamment sur la contagiosité, la sévérité et le risque d'une réinfection du variant indien, « sont urgemment nécessaires ». Rappelons qu'à ce stade, seuls trois variants sont considérés par l'OMS comme « VOC » ou « Variant of concern », c'est-à-dire plus dangereux par la contagiosité, la mortalité et la résistance aux vaccins : ceux venus du Royaume-Uni, du Brésil et d'Afrique du Sud.

Que sait-on sur le variant indien ?

Le variant B.1.617, plus communément appelé variant indien, a été détecté pour la première fois en octobre 2020 à Ngapur, dans l'État du Maharashtra, au centre de l'Inde. Depuis son apparition, il a provoqué plus de 200 000 décès dans le pays, et s'est répandu sur tous les continents. Selon les scientifiques, la plupart des données relatives au variant indien sont incomplètes, car très peu d'échantillons sont partagés - 298 en Inde et 656 dans le monde, contre plus de 384 000 séquences pour le variant britannique.

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Et après les premiers cas enregistrés en Inde, moins de 400 cas du variant ont été détectés dans le monde, selon le Dr Jeremy Kamil, virologue à l'université d'État de Louisiane aux Etats-Unis. Public Health England a classé le variant indien parmi les « variants en cours d'investigation », mais ne le considère pas encore comme suffisamment grave pour être classée comme « variant préoccupant ».

Est-il facilement détectable ?

Il ne semble pas y avoir de différence notable entre les symptômes du variant indien et ceux du coronavirus. Les personnes ayant contracté la souche mutante rapportent souffrir de maux de tête, de maux de gorge, de douleurs musculaires et de congestion nasale. D'ailleurs, le variant indien a ce point commun avec les souches plus anciennes qu'il reste détectable par les tests PCR, même si des médecins du Rajiv Gandhi Cancer Institute de Delhi en Inde, confient avoir remarqué qu'il migrait rapidement vers les voies respiratoires.

Dès lors qu'il a infecté les poumons, il peut donc ne plus être présent dans le nez ou la gorge, et passer inaperçu. « La possibilité de détecter le virus par test PCR est plus importante avant l'apparition des symptômes. Après, cette probabilité diminue au bout de sept jours », a expliqué au quotidien français Le Figaro, le professeur Anurag Agarwal, directeur de l'Institut de génomique et de biologie intégrative de Delhi. « Il est nécessaire, dans ce cas, de réaliser une radio des poumons », précise-t-il.

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Est-il plus infectieux ou plus dangereux ?

Beaucoup d'interrogations demeurent autour de ce variant encore récent. Du côté des symptômes, pas de différence notable avec ceux du Covid originel : maux de tête, congestion nasale, maux de gorge, douleurs musculaires. Toutefois, les scientifiques ne savent pas encore si ce variant est plus infectieux ou résistant aux vaccins. Le Dr Jeremy Kamil indique que l'une de ses mutations est similaire à celles observées dans les variantes identifiées en Afrique du Sud et au Brésil.

Toutefois, cette mutation pourrait aider le virus à échapper aux anticorps du système immunitaire qui peuvent combattre le coronavirus grâce à l'expérience d'une infection antérieure ou d'un vaccin. « Je doute que le variant indien soit plus infectieux que le variant britannique - et nous ne devons pas paniquer », déclare le Dr Kamil.

Les vaccins sont-ils efficaces contre ce variant ?

Pour le moment, les scientifiques affirment qu'aucune donnée solide ne permet de statuer sur l'efficacité des vaccins sur le variant indien. « Il y a encore des zones d'incertitude », admettait, le 30 avril dernier, le ministre français de la Santé, Olivier Véran. «Tous les vaccins actuellement utilisés contre Covid-19 sont résistants et efficaces pour protéger contre toutes les nouvelles souches de virus, y compris le variant indien », rassure, pour sa part, le professeur Faouzi Derrar, directeur général de l’Institut Pasteur Algérie (IPA), ce mardi 4 mai, lors de son passage sur les ondes de la Radio algérienne.

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De son côté, le patron du laboratoire allemand BioNTech, Ugur Sahin, se disait « confiant » dans l'efficacité de son vaccin contre le variant indien. Des tests sont actuellement en cours, mais « le variant indien présente des mutations que nous avons déjà étudiées et contre lesquelles notre vaccin agit », précisait-il. « Lorsqu'une épidémie est hors de contrôle et que de nouveaux variants apparaissent, ces derniers peuvent devenir résistants aux anticorps créés par la vaccination », explique Fernanda Grassi.infectiologue au Brésil, dans un entretien à France 24.

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