Comment se fait-il que malgré la fermeture des frontières aux voyageurs, de nouveaux variants du Covid-19 ont fini par être « introduits » en Algérie, à l’instar de nombreux autres pays du monde d’ailleurs ? Une question à laquelle un expert en virologie a, semble-t-il, trouvé des éléments de réponse. En effet, pour le Dr Yahia Mekki, virologue au CHU de Lyon et conseiller du ministre français de la Santé, le vecteur principal de l’introduction de ces nouveaux variants du Covid 19 en Algérie est à chercher dans les « déplacements qu’effectuent les responsables politiques, les diplomates et les hommes d’affaires ».

Ainsi donc, et à en croire les propos de cet expert sur les colonnes du quotidien El Khabar, ce jeudi 6 mai, les variants anglais, sud-africain, nigérian et indien du coronavirus, qui ont fait leur apparition dernièrement en Algérie, seraient importés par des VIP loin de tout soupçon. Pour le Dr Yahia Mekki,  « le virus n'a pas de frontières, il se transmet en présence de son porteur ». Ce qui explique, selon lui, « l’apparition de souches mutées en Algérie malgré la fermeture des frontières terrestres et aériennes ».

Pour cet expert en virologie au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’introduction des nouvelles souches du Covid-19 en Algérie est à chercher dans « le mouvement des responsables politiques, diplomates ou hommes d'affaires étrangers dans le pays, en plus des arrivées d'Afrique du Sud à partir de la ville frontalière de Tamanrasset, et aussi des échanges commerciaux aériens et maritimes ».

Les responsables politiques, les hommes d'affaires et les diplomates mis en cause

Le Dr Mekki a souligné que « la souche indienne est la variante du coronavirus la plus dangereuse pour l'Algérie, car sa propagation est plus de 40 fois supérieure à l'ancienne version, et cette variante cause des complications pulmonaires sévères ». Le variant B.1.617, plus communément appelé variant indien, a été détecté pour la première fois en octobre 2020 à Ngapur, dans l’État du Maharashtra, au centre de l’Inde. Depuis son apparition, il a provoqué plus de 200 000 décès dans le pays, et s’est répandu sur tous les continents.

Il faudra rappeler qu’après le variant sud-africain, nigérian et britannique, l’Algérie a enregistré, le 3 mai, ses premiers cas d’infection par le variant indien du Covid-19. Il s’agit de six ressortissants indiens travaillant sur un chantier dans la wilaya de Tipaza, avait indiqué, mardi 4 mai, le directeur général de l’Institut Pasteur Algérie (IPA), Faouzi Derrar, sur les ondes de la Radio nationale. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le variant indien, nommé B.1.617, a été signalé dans une vingtaine de pays, dont l’Algérie, ce qui suscite des inquiétudes à l’échelle mondiale.

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