L'inflation est en train de s'installer dans la durée en Algérie. C'est ce qu'a affirmé l’économiste Brahim Guendouzi dans une interview au quotidien El Watan, parue ce lundi 10 mai. L'économiste indique que le cycle inflationniste est parti pour durer, car favorisé par la conjoncture économique actuelle.

Ainsi, l'économiste constate que « globalement, les prix des denrées alimentaires se sont maintenus à un niveau élevé de façon inattendue, comparativement aux mois passés où la hausse restait limitée à la première semaine du Ramadhan coïncidant avec le rush des consommateurs sur les marchés ». Il explique que « malgré une situation économique difficile induite par la crise sanitaire, force est de constater que les comportements tant du côté de l’offre que celui de la demande n’ont pas infléchi. L’activité commerciale a repris de sa vitalité après avoir connu une morosité suite aux contraintes imposées par les protocoles sanitaires en Algérie ».

L'économiste indique toutefois que « la tendance haussière des prix ne peut être appréciée dans sa durabilité qu’après la fête de l’Aïd, avec le ralentissement de la consommation et surtout le retrait momentané de quelques d’intermédiaires occasionnels. Certains prix, prévoit-il, vont s’ajuster probablement vers la baisse et toucheront quelques produits frais. Sinon, le cycle inflationniste est en train de s’installer dans la durée car favorisé par la conjoncture économique actuelle ».

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Par ailleurs, Brahim Guendouzi souligne que « des hausses de prix se manifestent dans plusieurs secteurs d’activités, particulièrement dans l’agroalimentaire comme on vient de le constater durant ce mois sacré de Ramadhan ». Il indique que « la conjugaison de plusieurs facteurs a rendu la poussée inflationniste inéluctable ».

Les conséquences de la pandémie et le poids du marché informel

Sur les raisons de cette tendance inflationniste, l'économiste explique : « Tout d’abord, les producteurs sont confrontés à des surcoûts engendrés par la pandémie. Ces surcoûts se répercutent sur les prix de vente. Ensuite, le poids du secteur informel a fait en sorte qu’il existe une multitude d’intermédiaires. Ces derniers parasitent le secteur de la distribution. Ils rendent la formation des prix opaque pour un grand nombre de produits dont particulièrement les denrées alimentaires ».

Brahim Guendouzi s'attend également à ce que « la forte dépréciation de la monnaie nationale, décidée par la Banque d’Algérie ces dernières semaines, (renchérisse) les produits importés, aussi bien pour la consommation finale qu’en tant qu’inputs pour les entreprises. Enfin, poursuit-il, au niveau des chaînes d’approvisionnement à l’international, on assiste actuellement à un désajustement entre l’offre et la demande. Ce déséquilibre est provoqué par la pandémie. Il se traduit par une hausse des prix d’un grand nombre de produits de base ainsi que les tarifs du transport maritime ».

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