Le Parti des travailleurs a dénoncé, mardi 11 mai, la gestion sécuritaire du Hirak par les autorités. Cette formation politique a exprimé ses « vives inquiétudes » dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Le parti de Louisa Hanoune a également dénoncé les dispositions restrictives et répressives des libertés collectives et individuelles, introduites dans le Code pénal dès le début du confinement.
La situation des libertés en Algérie inquiète de plus en plus les activistes, militants des droits de l'Homme et certaines formations politiques, dont le Parti des travailleurs qui tire la sonnette d'alarme. Il a exprimé « ses plus vives inquiétudes devant la tournure que prennent les évènements dans notre pays sur le plan des libertés démocratiques ».
Le parti de Louisa Hanoune a réagi au dernier communiqué du ministre de l'Intérieur. Il rappelle que le gouvernement a déjà « fait introduire dans le code pénal dès le début du confinement dit sanitaire des dispositions restrictives et répressives des libertés collectives et individuelles criminalisant l’action politique et la liberté de presse, emprisonné et fait condamner des dizaines d’activistes et des journalistes, fermé hermétiquement le champ médiatique, multiplié les entraves devant l’activité des partis politiques qui se réclament du processus révolutionnaire de février 2019 menaçant le droit à l’organisation politique indépendante ».
Le PT avertit : « Le gouvernement franchit un pas qualitatif en dictant à travers un communiqué de nouvelles mesures restrictives pour cette fois-ci empêcher carrément la poursuite des manifestations du vendredi et du mardi déjà marquées de plus en plus par la montée de la répression et les violences policières ».

Les « Hirakistes » menacés

Pour le Parti des travailleurs, « le gouvernement adresse des mises en garde et des menaces aux millions d’Algériennes et d’Algériens qui sortent manifester pacifiquement depuis plus de deux ans exigeant le départ du système pour que le peuple puisse exercer la plénitude de sa souveraineté, se réappropriant un droit constitutionnel longtemps confisqué par le précédent pouvoir sous des prétextes fallacieux ».

Le droit de grève également compromis

« Le gouvernement s’attaque violemment au droit de grève, un droit garanti par la constitution et les conventions de l’OIT ratifiées par l’Etat algérien, le criminalisant à son tour comme vient de le confirmer le ministre du commerce qui menace de licenciement tout employé du secteur gréviste après la répression dont ont été victimes les agents de la protection civile et avant eux la brutalité et la menace comme réponse à la grève des postiers victimes de la hogra », écrit le PT.
« Le gouvernement mesure-t-il la gravité de ses décisions ? Sait-il ce qu’elles peuvent entraîner comme conséquences pour le pays ? » s'interroge le PT. Pour le parti des travailleurs, « éviter à ce pays l’irrémédiable c'est satisfaire immédiatement les revendications socioéconomiques légitimes des travailleurs... C’est arrêter tout de suite et maintenant cette politique répressive... C’est lever toutes les contraintes devant le libre exercice de la politique et de la profession de journaliste... C’est immédiatement libérer sans conditions tous les détenus politiques et d’opinion ».

https://www.youtube.com/watch?v=PmT2YMk_xDw