Le président algérien Abdelmadjid Tebboune pourrait se rendre à Madrid en octobre 2026 à l’occasion d’un rendez-vous entre les gouvernements algérien et espagnol. Cette visite, évoquée par un média espagnol, n’a pas encore été confirmée par les autorités des deux pays.
Le quotidien espagnol El Independiente a rapporté, en s’appuyant sur des sources diplomatiques, qu’Abdelmadjid Tebboune pourrait effectuer une visite d’État à Madrid en octobre. Le déplacement interviendrait sur invitation conjointe du roi Felipe VI et du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.
La Maison royale espagnole et la Moncloa, siège de la présidence du gouvernement, n’ont toutefois pas confirmé la tenue d’une visite d’État. D’après le média espagnol, seule l’organisation d’une réunion intergouvernementale en octobre figure dans les communications officielles des deux pays.
Politique Crise de Ceuta : la visite de Tebboune en Espagne reportée
Alger et Madrid doivent tenir la huitième édition de leur Réunion de haut niveau. Ce format de dialogue bilatéral, réunissant les responsables des deux gouvernements, n’a plus été organisé depuis 2018.
La réunion d’octobre avait été annoncée par Pedro Sánchez à l’issue de sa visite à Alger le 20 juillet 2026. Le chef du gouvernement espagnol avait alors déclaré : « Il est fondamental de renforcer le dialogue politique entre l’Espagne et l’Algérie ».
Une réunion annoncée après la visite de Pedro Sánchez à Alger
Pedro Sánchez s’est rendu dans la capitale algérienne le 20 juillet 2026 pour une visite de cinq heures. Il a été reçu par Abdelmadjid Tebboune au palais d’El Mouradia. Il s’agissait du premier déplacement en Algérie d’un chef du gouvernement espagnol depuis la crise diplomatique déclenchée en 2022.
Les relations entre Alger et Madrid s’étaient détériorées en mars 2022, après le changement de position de l’Espagne sur le Sahara occidental. Le gouvernement espagnol avait apporté son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc.
Politique Maroc : ce que l’on sait des tensions rapportées autour du palais de Mohammed VI
En réaction, l’Algérie avait suspendu le traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération conclu avec l’Espagne. Alger avait également rappelé son ambassadeur à Madrid et gelé une partie des échanges commerciaux entre les deux pays. Les livraisons algériennes de gaz à l’Espagne avaient toutefois été maintenues.
Le retour de l’ambassadeur algérien à Madrid, la visite en Algérie du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, en mars 2026, puis la réactivation du traité d’amitié ont précédé le déplacement de Pedro Sánchez en juillet.
Le gaz et la migration au programme des échanges bilatéraux
L’énergie a occupé une place centrale lors des discussions du 20 juillet 2026. Pedro Sánchez a rappelé que l’Algérie était redevenue, depuis le début de l’année 2026, le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne.
Le chef du gouvernement espagnol était accompagné à Alger de représentants de plusieurs groupes énergétiques espagnols : Naturgy, Repsol, Enagás et Moeve. Les échanges ont notamment porté sur la coopération économique et énergétique entre les deux pays.
Politique L’Algérie participe à un exercice naval dirigé par les États-Unis en Méditerranée
La migration figure également parmi les dossiers examinés par Alger et Madrid. Un rapport de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, cité à la fin du mois d’août par plusieurs médias espagnols, a fait état d’une hausse de 24 % des arrivées irrégulières en Espagne par la route algérienne.
Les deux gouvernements se sont engagés à renforcer leur dialogue sur les questions migratoires et la lutte contre le terrorisme. Ces sujets doivent accompagner les discussions économiques et énergétiques lors de la Réunion de haut niveau prévue en octobre, indépendamment de la confirmation d’une visite d’État d’Abdelmadjid Tebboune.
