La visite du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Espagne, envisagée pour octobre 2026, est reportée. Madrid a décidé de repousser la prochaine réunion de haut niveau entre les deux pays, alors que le calendrier politique espagnol se complique avec des élections générales anticipées prévues le 29 novembre et des tensions diplomatiques autour de Ceuta et Melilla.
Selon les informations rapportées le 8 octobre par le quotidien espagnol El País, aucune nouvelle date n'a été annoncée. Le déplacement de Tebboune avait été évoqué après la visite en Algérie du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. Les deux dirigeants souhaitaient poursuivre le rapprochement diplomatique entre Alger et Madrid.
Pourquoi Madrid reporte la visite de Tebboune en Espagne
Le report intervient dans un contexte politique chargé pour Pedro Sánchez. Les élections législatives anticipées du 29 novembre 2026, annoncées après des désaccords parlementaires sur des mesures liées au logement, bouleversent le calendrier gouvernemental.
Politique Maroc : ce que l’on sait des tensions rapportées autour du palais de Mohammed VI
La VIIIe réunion de haut niveau hispano-algérienne devait se tenir au cours du dernier trimestre 2026, sans date définitivement arrêtée. Des sources gouvernementales espagnoles citées par El País privilégient désormais une rencontre après les élections.
« À présent, avec les élections déjà en cours, il est préférable de le reporter à l’issue du scrutin », expliquent ces sources. Le gouvernement qui accueillera éventuellement Tebboune dépendra donc du résultat électoral. La poursuite des discussions pourrait revenir à Pedro Sánchez ou à son successeur. Madrid n'a pas officiellement attribué cette décision à un désaccord avec Alger.
Ceuta et Melilla : le Maroc complique le calendrier diplomatique espagnol
Un autre événement attire l'attention : la visite annoncée du roi Felipe VI et de la reine Letizia à Ceuta et Melilla, les 13 et 14 octobre 2026. Ces deux enclaves espagnoles situées sur le territoire marocain constituent un sujet sensible dans les relations entre Madrid et Rabat.
En novembre 2007, la visite du roi Juan Carlos et de la reine Sofia dans ces territoires avait provoqué une réaction diplomatique du Maroc, qui avait rappelé son ambassadeur. Cette fois, le déplacement royal intervient après une crise migratoire à Ceuta, survenue en juillet.
Politique L’Algérie participe à un exercice naval dirigé par les États-Unis en Méditerranée
Selon la source gouvernementale citée, « la crise de Ceuta n’a précisément pas aidé à la tenue de cette rencontre ». Pedro Sánchez avait également évoqué les difficultés de contrôle frontalier lors d'un entretien avec CNN, fin septembre.
« Nous enquêtons sur ce qui s’est passé durant ces journées de juillet, mais nous avons également demandé au Maroc d’agir et de nous fournir des réponses, car il est évident que son contrôle des frontières a échoué », avait-il fait savoir.
Pour autant, Madrid ne confirme aucun lien direct entre le déplacement royal et le report des discussions avec Tebboune. La reprise du dialogue bilatéral reste donc envisagée, mais son calendrier demeure incertain jusqu'à la clarification de la situation politique espagnole.
