Essais nucléaires : voici la réponse de la France aux demandes de l’Algérie

Les conséquences des essais nucléaires français dans le Sahara reviennent au centre des échanges entre Alger et Paris. Interrogé sur la transmission des cartes permettant de localiser les déchets enfouis et les zones contaminées, le gouvernement français a présenté les démarches qu’il affirme avoir déjà entreprises.

Entre 1960 et 1966, la France a effectué 17 essais nucléaires sur les sites de Reggane et d’In Ekker, dans le Sahara algérien. Ce programme comprenait quatre essais atmosphériques et treize essais souterrains. Le premier tir, baptisé « Gerboise bleue », s’est déroulé à Reggane le 13 février 1960.

Le dossier a été relancé par Sabrina Sebaihi, députée écologiste de la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine. Dans une question écrite publiée au Journal officiel le 3 mars 2026, elle a interpellé le ministère français des Armées et des Anciens combattants sur les conséquences radiologiques de ces opérations.

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La parlementaire a notamment évoqué l’accident Béryl, survenu le 1er mai 1962 dans la montagne du Taourirt Tan Afella, à In Ekker. Cette explosion souterraine n’avait pas été entièrement contenue. Elle avait entraîné une contamination de militaires français, de responsables présents sur place et de populations vivant à proximité.

L’Algérie réclame des cartes détaillées des zones contaminées

Sabrina Sebaihi rappelle qu’une partie du matériel a été abandonnée et que différents déchets, dont certains contaminés par la radioactivité, ont été enfouis sur les anciens sites. Selon elle, les autorités algériennes ont besoin de cartes et de plans précis pour sécuriser les zones concernées et poursuivre leur réhabilitation environnementale.

La députée a demandé au gouvernement français d’expliquer pourquoi ces données n’avaient pas été communiquées à l’Algérie. Elle souhaitait également savoir si Paris envisageait de transmettre les informations nécessaires à la localisation des déchets radioactifs et à la protection des habitants.

Dans sa réponse publiée par l’Assemblée nationale au Journal officiel du 8 septembre 2026, le ministère indique que les installations ont été démantelées et que les sites ont été rétrocédés aux autorités algériennes conformément aux accords d’Évian. Cette réponse est intervenue plus de six mois après la publication de la question parlementaire.

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Paris affirme avoir transmis les informations disponibles

Le gouvernement français rappelle qu’en 1999, à la demande de l’Algérie, l’Agence internationale de l’énergie atomique a mené une mission d’évaluation de la situation radiologique des anciens sites. La France affirme avoir remis à l’AIEA une synthèse sur la localisation des essais et les techniques utilisées, ainsi qu’un état radiologique établi entre 1966 et 1967 et une extrapolation de la situation en 1999.

Le rapport préliminaire de l’agence a été rendu public en 2005, après des amendements et l’accord des autorités algériennes. Paris mentionne également un rapport parlementaire publié en 2001 sur les effets environnementaux et sanitaires des essais nucléaires. En 2008, un groupe d’experts franco-algérien a été créé pour étudier la réhabilitation des anciens sites sahariens.

Le ministère cite enfin la visite d’Emmanuel Macron en Algérie, du 25 au 27 août 2022. Selon sa réponse, le président français a remis à Abdelmadjid Tebboune « un dossier réunissant toutes les cartes et informations dont la France dispose » concernant les déchets enfouis et les zones marquées par la radioactivité.


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