Alors que l'Algérie subit un grand retard dans la campagne de vaccination anti-covid, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid a accusé, jeudi dernier, le laboratoire américain Pfizer de chantage à l'Algérie, en imposant des conditions préalables à la fourniture de vaccins jugées « inacceptables » par les responsables algériens.

L'Algérie continue d'accuser un énorme retard en termes de vaccination de sa population. Interrogé à ce propos, à Boufarik (Blida), le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid a pointé du doigt certains laboratoires pharmaceutiques qui tardent à livrer à l'Algérie les quantités de vaccins commandées.

Le responsable a également pointé du doigt le géant pharmaceutique américain Pfizer qui a imposé des conditions « inacceptables » afin de livrer des doses de vaccin à l'Algérie. En effet, Abderrahmane Benbouzid a indiqué avoir convenu un accord avec Pfizer en novembre dernier « mais il nous a mis dans une situation que nous ne pouvions pas accepter », a-t-il souligné.

L'Algérie refuse le « chantage » de Pfizer

Le responsable algérien explique que le laboratoire américain « nous a demandé d’acheter un certain nombre de vaccins, de payer en avance et d’exonérer totalement Pfizer de toutes poursuites dans le cas où le vaccin aurait des travers », a fait savoir le ministre algérien. Ce dernier a néanmoins indiqué que les responsables algériens avaient catégoriquement refusé les exigences du laboratoire : « Nous ne l’avons pas accepté, nous ne l’acceptons toujours pas », a-t-il souligné.

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Lancée à la fin du mois de janvier, la campagne de vaccination contre le coronavirus avance à pas de tortue en Algérie. La population est toujours dans l’expectative alors que le virus et ses nouveaux variants circulent à grande vitesse dans plusieurs wilayas. Les autorités algériennes avaient affiché leur volonté de vacciner au moins 70% de la population pour briser la chaîne de transmission du coronavirus, mais le pourcentage de personnes vaccinées n'a pas dépassé les 1 % des Algériens.

Une situation inquiétante

Il faut dire que cette situation suscite l'inquiétude de plusieurs spécialistes de la santé. Car, même si les chiffres des contaminations au coronavirus restent stables en Algérie, la vaccination reste plus que nécessaire afin d'arriver à atteindre l'immunité collective.

En mars dernier, le professeur Mohamed Bekkat-Berkani, président du Conseil de l’ordre des médecins, était monté au créneau, en critiquant vivement la politique prônée par le ministère de la Santé dans le dossier relatif à la campagne de vaccination contre le coronavirus en Algérie.

Dr Mohamed Bekkat Berkani a estimé que « la responsabilité du ministère est totalement engagée, dans la mesure où il s’est longtemps confiné aux mesures prudentielles (dans la commande des vaccins, ndlr) en comptant sur le système Covax. La vaccination est stratégique et on nous a fait rater le coche. Maintenant, les responsabilités doivent être déterminées », avait-il notamment dénoncé.

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