Quelques heures à peine après la décision du Conseil des ministres de rouvrir les frontières algériennes à partir du 1er juin, plusieurs spécialistes se sont exprimés afin de donner des détails, notamment sur le déroulement des voyages et les conditions d’accès au territoire national.

C’est le cas du Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus, qui s’est exprimé sur les ondes de Radio Sétif. Il a affirmé que le choix du 1er juin pour la réouverture des frontières peut s’expliquer par une volonté de se préparer à cette opération d’envergure. Pour les autorités, il s’agit de préparer les aéroports et les avions, mais aussi se préparer pour mieux appliquer les mesures préventives, notamment la mise en quarantaine des personnes testées positives.

Il n’a pas manqué de rappeler la catégorie de personnes qui auront la priorité d’embarquer vers l’Algérie. Surtout que la réouverture décidée n’est que partielle, et ce, à raison de cinq vols quotidiens, et uniquement de et vers les aéroports d’Alger, de Constantine et d’Oran. Pour lui, la priorité est cédée aux personnes malades, notamment dans un état critique, mais aussi aux Algériens qui sont bloqués à l’étranger depuis des mois.

Les conditions pour embarquer…

Mais pour faire comprendre que les autorités sanitaires ne veulent pas baisser leur vigilance, ils ont posé des conditions pour que les voyageurs puissent embarquer vers l’Algérie. Un test PCR datant de 36 heures sera exigé avant l’embarquement et un test rapide sera effectué à l’arrivée en Algérie.

Si un voyageur est testé positif, il sera soumis à une mise en quarantaine. Selon le Dr Bekkat Berkani, également président de l’Ordre des médecins algériens, la durée de la mise en quarantaine dépendra de la provenance des voyageurs. Elle sera de dix jours pour ceux qui viendront d’Europe, mais elle devrait durer deux semaines pour ceux qui arriveront d’Asie, particulièrement de Turquie et d’Inde.

Le séquençage pour détecter les différents variants

Mieux encore, selon le Pr Kamel Senhadji, président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, les voyageurs subiront les analyses susceptibles de révéler les variants du coronavirus. C’est-à-dire l’Institut Pasteur d’Algérie devra effectuer les opérations de séquençage permettant de détecter les différentes souches du virus. Particulièrement la souche anglaise, la plus répandue en Algérie.

 

Dans le but de rendre possible la mise en oeuvre de toutes ces mesures sanitaires, le Pr Senhadji, qui s’exprimait lors du forum de la Radio nationale, a fait savoir que les autorités entendent installer des laboratoires et du matériel de diagnostic au niveau de chaque aéroport rouvert à cette occasion. Soit, ceux d’Alger, de Constantine et d’Oran.

Possible remise en cause de la réouverture des frontières

Enfin, tous les spécialistes s’accordent à dire que les Algériens et les voyageurs devraient continuer à respecter les mesures préventives pour endiguer la propagation du coronavirus. Le port du masque, le respect de la distance, le lavage des mains devraient continuer à faire partie des habitudes de tout le monde. Cela, dans le but de baisser le nombre quotidien des cas de contamination à la covid-19.

Surtout que le Pr Ryad Mahiaoui a prévenu, dans une déclaration à la presse, que la réouverture des frontières peut être remise en cause. Si les contaminations au coronavirus reprennent une tendance haussière, les autorités n’hésiteront pas à refermer les frontières et à suspendre les vols de et vers les aéroports algériens.

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