L’avenir démographique de la France est en danger, alerte le haut-commissaire au plan, François Bayrou. Pour y remédier, ce dernier a suggéré dans une note qu’il a dressée le 15 mai à l’AFP, « un pacte démographique » pour sauver le  modèle social français. « Assurer notre avenir démographique » passe par « deux voies : avoir plus d'enfants ou accueillir des personnes d'autres pays », écrit l'ancien ministre français. Une façon claire pour encourager la politique migratoire dans l’Hexagone.   

Alors que la France connait depuis plusieurs années « une réelle dynamique démographique », des signes « très préoccupants » d’un « dérèglement de cette dynamique » apparaissent. « L’indice de fécondité se tasse » – de 2,02 enfants par femme en 2010 à 1,83 en 2019 – et « le nombre de naissances baisse année après année » : 753.000 en 2019 contre 818.000 en 2014. « Il manquerait 40 à 50.000 naissances par an pour assurer le renouvellement des générations », lit-on dans la note du haut-commissariat au plan adressée le 15 mai à l’AFP.

Dans le contexte du Covid-19, « on constate une baisse tangible en 2020 » des naissances (-7 % par rapport à décembre 2019). En janvier 2021, la baisse a été de 13 % par rapport à l’année précédente ajoute la même note.  « Assurer notre avenir démographique » passe par « deux voies : avoir plus d’enfants ou accueillir des personnes d’autres pays », écrit l’ancien ministre, pour qui l’apport migratoire n’est « pas une solution d’évidence ». « D’abord parce que l’impact sur la démographie n’est pas immédiat et ensuite parce que cela présente des difficultés sociale et culturelle », explique l'actuel maire de Pau.

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Baisse inquiétante des naissances en 2020 et 2021

Sa note souligne qu’en 2019, 6,7 millions d’immigrés vivent en France, soit 9,9 % de la population totale, parmi lesquels 37 % (2,5 millions) ont acquis la nationalité française. « Pour 2020, le solde migratoire est estimé de manière provisoire (à) +87 000 personnes », un chiffre à comparer avec le solde naturel (les naissances moins les décès) qui était de 149 000 en 2018 et 140 000 en 2019.

En 2020, année marquée par le Covid-19, le solde naturel est estimé à 67.000. « L’apport des migrations peut aider à améliorer le rapport actifs-retraités, et donc la capacité de financement de nos systèmes sociaux », ajoute François Bayrou.

Taux de fécondité élevé chez les femmes nées au Maghreb

L'immigration participe à la forte fécondité de la France, la plus élevée des pays de l'Union européenne, mais dans une faible proportion, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée en juillet 2019. Le taux de fécondité des femmes immigrées résidant en France est de 2,6 enfants par femme, selon des chiffres de 2017, contre 1,77 enfant par femme pour les non-immigrées.

Les femmes nées dans les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) ont un taux de fécondité moyen de 3,5 enfants par femme, contre un chiffre proche de la moyenne nationale (un peu moins de deux enfants par femme) pour les femmes nées en Italie ou en Espagne, explique la même étude.

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