Le Doyen des juges d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger a ordonné, tard dans la soirée du 19 mai, de placer huit agents de la Protection civile sous contrôle judiciaire, pour « rassemblement non armé et violation de la loi n° 90/02 relative à la prévention des conflits collectifs au travail ». Les mis en cause sont en réalité accusés d’avoir participé à la grandiose marche organisée, le 2 mai, par des milliers de leurs collègues dans les rues d’Alger.

En effet, les huit agents en question ont été arrêtés le 2 mai lors de cette marche historique organisée par des milliers de pompiers dans les rues d’Alger, pour réclamer la prise en charge de leurs revendications socioprofessionnelles. Présentés le 19 mai devant le Doyen des juges d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger, les prévenus ont été placés sous contrôle judiciaire au motif de « rassemblement non armé et violation de la loi n° 90/02 relative à la prévention des conflits collectifs au travail, l’exercice du droit de grève, notamment son article 43, et aussi la violation des dispositions de l'article 28 de la loi fondamentale sur le statut des fonctionnaires appartenant au corps de la Protection civile ».

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Arrêtés lors de la grande marche du 2 mai à Alger

Il faut rappeler qu’après avoir tenu des rassemblements le 26 avril dernier au niveau des wilayas, les agents de la Protection civile ont organisé, dimanche 2 mai, une imposante marche vers le siège de leur direction générale, à Alger. Le soir même, le ministère de l’Intérieur a rendu public un communiqué dans lequel il a fait allusion à un « complot ».

Le lendemain, des sanctions sont tombées : 230 agents de la protection civile ayant pris part à ce mouvement sont suspendus. Des poursuites judiciaires ont également été annoncées. « Le ministère de l’Intérieur observe son droit de prendre les mesures légales en vigueur », avait averti le département de Kamel Beldjoud, qui a considéré le mouvement des pompiers « illégal ».

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