La compagnie aérienne Air Algérie a repris progressivement ses vols spéciaux depuis le début du mois de juin. Un redécollage du trafic aérien se profile pour cet été, si, toutefois, les hautes autorités du pays décident d’un assouplissement des conditions d’entrée en Algérie. À cet effet, les équipes de maintenance et de support de la compagnie nationale sont à pied d'œuvre pour remettre en service les avions immobilisés pendant plusieurs mois.

La suspension des vols et la fermeture des frontières algériennes ont immobilisé la flotte d’Air Algérie depuis plus de quinze mois. Excepté pour des vols spéciaux destinés à rapatrier les ressortissants bloqués à l’étranger.

Mais ce coup d'arrêt des liaisons est loin d'avoir gelé les activités de maintenance et de support de la compagnie aérienne. Car, même si un avion ne vole pas pendant plusieurs mois, il doit continuer à suivre le programme de maintenance habituel et même subir des vérifications supplémentaires. Les pilotes réalisent, de leur côté, des vols de sécurité supplémentaires pour s'assurer du fonctionnement des appareils.

Une reprise des vols sans incident jusqu'à présent

Avec le redémarrage lent du trafic et la réouverture partielle des frontières, quelques avions ont repris du service, sans incident jusqu'à présent. Si les procédures de stockage et déstockage sont bien connues et ne posent pas de problème en soi, l'ampleur et la complexité de la tâche des équipes de maintenance sont très importantes.

Les risques de corrosion augmentent considérablement si l'avion est bloqué dans un milieu chaud et humide. Les grains de poussière peuvent aussi provoquer une obstruction des sondes Pitot, qui sont des équipements indispensables pour donner au pilote la mesure de la vitesse au sol. Aussi, la mise à l'arrêt des moteurs en fait un endroit prisé par toutes sortes d’insectes. Toutes ces circonstances exceptionnelles peuvent engendrer des risques d'incidents supplémentaires.

Du côté d'Air Algérie, on suppose qu'une fois l'avion est prêt à voler, un vol de sécurité supplémentaire est réalisé à l'occasion de cette remise en service, comme est le cas chez les autres compagnies aériennes. « Il s'agit d'un vol MCF, pour maintenance check flight », explique Philippe Lacroute, porte-parole des opérations aériennes d'Air France.

Maintenir les compétences des pilotes

L'autre grand chantier est de maintenir les compétences des pilotes, malgré des plans de vols amoindris. La réglementation impose de toute façon que les pilotes effectuent tous les 90 jours trois décollages et trois atterrissagesEt pour ceux qui ont connu des périodes de plus de 30 jours sans piloter, des séances de simulateurs ont été mises en place.