L’Angleterre va durcir les peines de prison contre les migrants clandestins, rendant plus difficile le séjour de ces derniers dans le pays. Le gouvernement britannique s’apprête à augmenter la peine de prison encourue par les migrants qui cherchent à rentrer illégalement en Angleterre.

Cette nouvelle disposition, annoncée ce dimanche 4 juillet par le ministère de l’Intérieur, s’inscrit dans le projet de loi de réforme du système d’asile, qui sera présenté le mardi 6 juillet devant le Parlement britannique. Il prévoit une augmentation à 4 ans, contre 6 mois actuellement, la peine de prison encourue par les migrants qui entrent illégalement en Angleterre, et également de porter à la prison à vie (contre 14 ans d’emprisonnement actuellement) le maximum encouru par les passeurs.

Quatre ans de prison pour les migrants clandestins

Selon les médias anglais, cette mesure intervient sur fond de record du nombre de traversées de la Manche par les migrants. En effet, le nombre de traversées et de tentatives de traversées de la Manche a explosé en 2020. Il est 4 fois supérieur à celui de l’année précédente. Selon la préfecture de la Manche et de la mer du Nord (PREMAR), 9551 personnes ont tenté - et sont parfois parvenues - à franchir par les eaux le détroit du Pas-de-Calais (France) pour rejoindre les côtes britanniques.

À lire aussi :  Soixante ans après l'indépendance, ces Algériens papis-portefeuilles

À titre de comparaison, quand le phénomène est apparu, en 2016, 23 événements impliquant 164 migrants ont été recensés par la PREMAR. En 2019, ils étaient au moins 2294 à avoir tenté de rejoindre l’Angleterre par la mer, pour 203 tentatives.

C’est dans le but de juguler le phénomène de l’immigration clandestine que le gouvernement britannique a décidé d’instaurer un nouveau plan pour l’immigration.  Ce « nouveau plan pour l'immigration (New Plan for Immigration) », que le gouvernement britannique présente comme la plus grande réforme du système d'asile depuis des décennies, prévoit de réinstaller plus rapidement les réfugiés en situation de risque urgent tout en rendant la tâche plus difficile à ceux qui arrivent clandestinement.

« Dans le cadre de notre nouveau plan […], les gens qui arrivent illégalement […] n'auront plus les mêmes droits que ceux qui arrivent légalement, et il sera plus difficile pour eux de rester », a déclaré Priti Patel, Secrétaire d'État à l'Intérieur, dans un communiqué le 3 mars dernier.

Les « passeurs » de migrants risquent la prison à vie

Les passeurs seront quant à eux passibles d'une peine maximale de réclusion à perpétuité, a-t-elle ajouté. « Cela ne vaudra plus la peine de profiter de l'immigration illégale vers la Grande-Bretagne », a commenté Priti Patel.

À lire aussi :  Guerre d'Algérie : révélations sur les prisons de Normandie

« Je ne m'excuse pas de la fermeté de ces mesures, mais comme elles permettront également de sauver des vies et de cibler les passeurs de clandestins, elles sont aussi indéniablement justes », a-t-elle estimé.

Réduire l’immigration était une promesse des partisans du Brexit

La ministre a ajouté que les personnes arrivant après avoir transité par un pays sûr comme la France ne seraient pas automatiquement intégrées dans le système, et que le gouvernement « empêcherait les personnes les moins scrupuleuses d'abuser du système en se faisant passer pour des enfants ».

Réduire l'immigration était une promesse des partisans du Brexit réunis dans l'organisation Vote Leave, dont l'actuel Premier ministre Boris Johnson était une figure emblématique, lors du référendum de 2016 sur l'appartenance à l'Union européenne.