L'Ambassade d’Algérie en France a décidé de porter plainte contre l'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) pour « diffamation » suite aux informations publiées par cette ONG à propos de l'implication de l'Algérie dans le projet d'espionnage Pegasus.

L’ambassade de l’Algérie en France dépose plainte contre Reporters sans frontières

« L’ambassadeur de l’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, a déposé, ce jour, au nom du gouvernement algérien, une plainte pour diffamation, auprès des instances judiciaires françaises, à l’encontre de Reporters Sans Frontières (RSF) », rapporte ce vendredi 23 juillet 2021 l’ambassade d’Algérie à Paris dans un communiqué.

« Cette action en justice porte sur l’assertion contenue dans un communiqué publié par RSF le 19 juillet 2021 sur son site web, selon laquelle l’Algérie figure parmi les pays en possession du logiciel Pegasus et qu’elle l’utiliserait pour espionner d’autres parties », a précisé la représentation diplomatique algérienne à Paris. L’Ambassade a qualifié ces « allégations » de « diffamatoires » et de « mensongères », qui sont « inadmissibles » et relèvent de la « manipulation de RSF connue pour son acharnement vis-à-vis de l’Algérie ».

L’Algérie « ne dispose aucunement » du logiciel Pegasus

L’Algérie « ne dispose aucunement de ce logiciel et n’a jamais eu à l’utiliser, ni à traiter ou à collaborer, de quelque manière que ce soit, avec les parties détenant cette technologie à des fins d’espionnage visant à porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’un pays respectueux de la légalité internationale », a ajouté la représentation diplomatique algérienne en France dans son communiqué.

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L’Algérie a déjà dénoncé le recours au logiciel Pegasus

Pour rappel, le gouvernement algérien, par le biais du ministère des Affaires étrangères, a exprimé le 22 juillet, sa « profonde préoccupation » au sujet des révélations faites par nombreux journaux internationaux concernant le logiciel espion Pegasus utilisé par une dizaine de pays. Le ministère algérien des Affaires étrangères a dénoncé dans son communiqué « une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales » et a condamné « vigoureusement » cet acte.

Scandale Pegasus : L’Algérie ouvre une enquête judiciaire

D'autre part, l’Algérie a décidé l’ouverture d’une enquête concernant le scandale lié au logiciel espion Pegasus. C’est ce qui ressort d’un communiqué du parquet de la Cour d’Alger rendu public le 22 juillet 2021. L’enquête a été ordonnée par le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed, précise la même source.

« Si les faits, objet de cette enquête, sont avérés, ils constitueraient des infractions réprimées par la législation algérienne sous sa forme criminelle pour avoir rassemblé des renseignements, objets et documents au profit d’une puissance étrangère aux fins de nuire à la défense nationale et constitueraient également des infractions d’accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et d’atteintes aux secrets des communications », indique le même de la Cour d'Alger.