L'annonce, mercredi 28 juillet, d'un changement à la tête du quotidien algérien Liberté a été suivie par un cafouillage qui en dit long sur les lacunes que connaît la communication en Algérie, y compris dans les institutions censées être spécialisées.

C'est l'ex-directeur de publication, nommé à deux reprises, Abrous Outoudert, qui a été rappelé à la rescousse par le propriétaire du journal qui n'est autre que le patron de Cevital, Issad Rebrab. Outoudert est venu remplacer Hacen Ouali qui assurait l'intérim depuis le départ de Saïd Chekri.

Mais la nouvelle nomination de Abrous Outoudert a vite créé un cafouillage, notamment autour de la nature de son retour. Une confusion, il faut le dire, qui a été alimentée par le journaliste Khaled Drareni qui a annoncé, dans une publication Facebook, que Rebrab avait vendu le journal à Outoudert.

« L’homme d’affaires Isaad Rebrab vend le journal à Abrous Outoudert, ancien directeur de la publication à deux reprises qui saura certainement assurer l’indépendance rédactionnelle indispensable à un grand journal de la mouvance démocratique », a en effet indiqué Khaled Drareni dans sa publication.

Sauf qu'il est difficile de croire que le patron de Cevital est capable de se séparer du quotidien francophone, qui reste un « allié » économique de premier ordre. Mais devant le silence de la direction de Liberté et celle de Cevital, même les propres employés du média algérien sont privés d'une information officielle.

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« Je n'ai aucune idée sur la question », a affirmé à ObservAlgérie un journaliste de la rédaction centrale. Il confirmera la nomination de Abrous Outoudert au poste de directeur de la publication, permettant ainsi au jeune Hacen Ouali de s'occuper uniquement de son poste de directeur de la rédaction.

Mais il avoue qu'il ignore tout de l'accord qu'il y a eu entre Issad Rebrab et le nouveau patron de Liberté. Ce silence autour de ce nouveau changement à la tête de ce quotidien a nourri des supputations, inévitables dans ce genre de situations. Si certains parlent d'une vente pure et simple du journal, d'autres sources croient savoir que Abrous Outoudert aurait acheté des parts pour devenir actionnaire du journal.