Une mutinerie a éclaté dans un centre de rétention pour les étrangers en France, dans la nuit du 28 au 29 juillet. Une action au cours de laquelle trois détenus ont réussi à échapper de ce centre situé près de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle à Paris.

Plusieurs migrants étrangers ont tenté de s’évader, dans la nuit du 28 au 29 juillet, suite à une mutinerie au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, près de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle à Paris. Trois personnes retenues dans ce centre se sont échappées. Les détenus sont montés sur les toits du CRA et ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, ont indiqué des sources concordantes le 29 juillet à l'AFP.

Trois détenus ont réussi à s'évader suite une mutinerie au CRA du Mesnil-Amelot

Deux personnes ont été blessées « légèrement » à la tête, l'une en tombant d'un toit et l'autre avec une branche, indique une source policière. Des renforts de CRS et de la BAC de Seine-Saint-Denis ont fait usage de grenade lacrymogène. Le calme a été rétabli peu après 1 h, a détaillé une source policière du département. « Depuis plusieurs jours, des personnes retenues tentent de s'enfuir. La situation est tendue», a déclaré à l'AFP Mathilde Godoy, responsable Ile-de-France de la Cimade, association de soutien aux migrants et réfugiés.

À lire aussi :  Soixante ans après l'indépendance, ces Algériens papis-portefeuilles

Une émeute a été déclenchée dans le même CRA en janvier 2020

Le 20 janvier, dans ce CRA de Seine-et-Marne, des étrangers avaient déclenché un incendie pour protester contre une décision de justice les maintenant en rétention, car ils avaient refusé un test PCR, nécessaire à leur expulsion du territoire français. « Ces personnes se seraient révoltées contre l’imposition d'un test PCR. Leur expulsion étant conditionnée à la présentation d’un test négatif récent », écrit sur Twitter la Cimade, une association qui vient en aide aux migrants, aux réfugiés et aux demandeurs d'asile.

Des migrants refusent le dépistage du coronavirus afin d'échapper à l'expulsion

Depuis plusieurs mois, des migrants refusent le dépistage du coronavirus afin d'échapper à l'expulsion. En février, la sénatrice EELV Esther Benbassa avait réalisé une visite surprise dans ce CRA et avait dénoncé les conditions de rétention des étrangers, appelant à la suppression de ces centres. Le CRA du Mesnil-Amelot est le plus grand de France, situé à seulement quelques centaines de mètres des pistes de l’aéroport de Roissy.

Les personnes détenues au CRA sont des migrants en situation administrative irrégulière

Les personnes détenues au CRA sont des migrants en situation administrative irrégulière en attente d'être expulsés dans leur pays d'origine. Sauf que la pandémie mondiale change la donne, selon Mathilde Godoye, responsable de l'action en rétention à la Cimade Île-de-France : « en ce moment du fait du contexte sanitaire, avant d'embarquer, les personnes doivent présenter un test PCR négatif. Mais il y a pas mal de personnes qui refusent parce qu'elles savent très bien que ces tests ne sont pas réalisés dans un but sanitaire, mais simplement dans le but de les expulser », détaille-t-elle.