Les propos sur l'Algérie, tenus le 30 septembre par Emmanuel Macron, lors d’une rencontre avec des jeunes français issus de familles ayant vécu la Guerre d'Algérie, ont provoqué des décisions et des réactions en cascade chez les autorités algériennes.

Lors de sa rencontre avec les jeunes pour nourrir sa réflexion sur la « réconciliation des peuples », le président  Emmanuel Macron a tenu des propos inédits sur le système algérien, qu’il a qualifié de « système politico-militaire », et s’est interrogé sur l’existence de la nation algérienne avant la colonisation française.

Des propos qui ont vite fait réagir l’Algérie, qui a décidé, samedi 2 octobre, de rappeler « pour consultations » son ambassadeur en France. Dans un communiqué de précisions, la présidence algérienne a dit exprimer son « rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures », en précisant réagir à des « propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribués nommément » à Emmanuel Macron.

Alger a estimé que les propos d’Emmanuel Macron « portent une atteinte intolérable à la mémoire des 5,63 millions de valeureux martyrs qui ont sacrifié leurs vies dans leur résistance héroïque à l’invasion coloniale française ainsi que dans la glorieuse Révolution de libération nationale ».

La France réagit au rappel par l'Algérie de son ambassadeur à Paris

Interrogé lundi  4 octobre, en conférence de presse, la porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a déclaré que la France « regrettait » la décision de l’Algérie de rappeler son ambassadeur à Paris. « Nous avons pris note du rappel pour consultations de l’ambassadeur d’Algérie en France. Nous le regrettons », a déclaré  Anne-Claire Legendre, en soulignant que la France est « attachée aux relations profondes et anciennes entre nos deux pays et nos deux peuples ».

La France, qui s’emploie à « préserver » ces relations avec l’Algérie et à les « développer », est « convaincue de l’intérêt commun de nos deux pays à travailler ensemble dans tous les domaines », a ajouté la porte-parole du Quai d'Orsay.