La réévaluation des projets d’équipements publics inscrits en Algérie induit des dépenses supplémentaires qui coûtent des fortunes au budget de l’État. Avant même le lancement de nombreux projets publics, ces derniers sont déjà réévalués à des taux inimaginables, qui dépassent parfois les 900 % de leur coût initial, selon le dernier rapport de la Cour des comptes.       

Le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, avait révélé récemment devant les députés à l’APN, dans le cadre du débat du plan d’action du gouvernement, que la réévaluation des projets dans la période allant de 2005 à 2020 a coûté plus de 8 900 milliards de dinars. « Dorénavant, le gouvernement ne permettra point l’inscription de projets publics non soumis à une étude de faisabilité opérationnelle et profonde », déclare le Premier ministre, repris par l’APS.

Un rapport accablant de la Cour des comptes sur le coût faramineux de la réévaluation des projets publics

Dans son dernier rapport pour l’année 2021, dont le quotidien Liberté a publié le 5 décembre quelques extraits, la Cour des comptes a dressé un tableau inquiétant concernant les coûts engendrés par la réévaluation des projets des équipements publics, commandés par l’État. La Cour des comptes fait observer que plusieurs projets publics ont connu des réévaluations avant même l’entame de leur réalisation. Certains projets ont connu une réévaluation de 900 %, selon la même source.

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Selon la Cour des comptes « l’enveloppe des autorisations de programme voté pour 2019, d’un montant de 1 101,57 milliards de dinars, se répartit à hauteur de 600,28 milliards (54,49 %) pour l’inscription de nouveaux projets et 501,29 milliards (45,51 %) pour la réévaluation des projets en cours de réalisation ». Ce qui veut dire que près de 50 % du budget de l’État consacré pour les projets d’équipements publics a été englouti par le coût de leur réévaluation.

Les raisons de la réévaluation des projets commandés par l’État

Pire encore, certains projets inscrits au budget de l’État ont été réévalués jusqu’à 900 % de leur coût initial, selon les données de la Cour de compte. C’est le cas du projet de transfert d’eau du barrage Malague à El-Tarf, Tébessa et Souk Ahras, réévalué de 9,7 milliards de dinars à 97 milliards, soit un taux de 900 %. Autre exemple : le projet de confortement du barrage Cheurfas dans la wilaya de Mascara, dont l’autorisation de programme (AP) portait sur un montant de 1 500 milliards de dinars, a vu son coût augmenter pour atteindre 3 850 milliards, soit un taux de réévaluation de 157 %.

La Cour des comptes relève, dans son rapport, que « dans plusieurs cas, les retards enregistrés dans la réalisation des opérations d’équipement sont à l’origine de la réévaluation des autorisations de programme (AP) y afférentes, qui atteint des taux qui dépassent les 100 % ». La Cour des comptes a noté également que « plusieurs projets ont été clôturés avec des écarts considérables entre les coûts fixés et les coûts réels, ce qui renseigne sur les faiblesses des études et l’absence de justification des réévaluations demandées ».