Le prix du Brent, référence du pétrole algérien, a battu un nouveau record dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes en Ukraine. Le prix du baril de Brent de la mer du nord pour livraison en avril a désormais dépassé les 96 dollars. Cette hausse résulte d'une demande solide et une offre de pétrole brut restreinte en raison des craintes d'une guerre en Ukraine.

Cette hausse des prix du pétrole parvient dans un contexte de guerre « froide » entre la Russie et les pays occidentaux. Des tensions caractérisées par des déclarations peu rassurantes des responsables des grandes puissances impliqués dans le bourbier ukrainien.

En effet, les États-Unis ont annoncé, lundi, par la voix de leur secrétaire d’État Antony Blinken, le déplacement temporaire de leur ambassade en Ukraine de Kiev à Lviv, dans l’ouest du pays, pour tenir compte de « l’accélération spectaculaire » du déploiement de forces russes à la frontière. Une déclaration qui a boosté les prix du pétrole déjà dans une courbe ascendante.

Ces prix sont appelés à continuer dans leur tendance haussière. John Kilduff, de la firme de conseil en investissement Again capital explique : « nous ne sommes plus qu’à une ou deux nouvelles » de franchir le seuil symbolique des 100 dollars le baril de Brent. Il affirme qu' « on est à un jet de pierre » d'un nouveau record « donc c’est quasiment inévitable au point où nous en sommes » .

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Quant à Nishant Bhushan, analyste du cabinet Rystad Energy, il considère que « la Russie maintient sa position selon laquelle elle ne va pas déclarer la guerre […], mais les commentaires fermes des diplomates américains au soutien de l’Ukraine et de l’OTAN continuent à alimenter les spéculations autour d’un conflit » ce qui tire les prix du pétrole vers le haut.

Une bouffée d'oxygène pour l'économie algérienne

La montée des prix du pétrole parvient dans un contexte de crise économique en Algérie. Elle pourra colmater les brèches de la balance commerciale et le solde budgétaire de l’État. Le cadrage macroéconomique et financier de la loi de finances 2022 a retenu un prix fiscal du baril de pétrole autour de 45 dollars le baril sur la période 2022-2024.

Le prix du marché du baril de pétrole brut a été retenu à 50 dollars le baril pour la même période. Faute de pouvoir réduire substantiellement la dépense publique ou renforcer les prélèvements au titre de la fiscalité ordinaire, le seul indicateur susceptible d’influer réellement sur le déficit du budget est le niveau des exportations d'hydrocarbures et, en conséquence, celui de la fiscalité pétrolière. Ainsi, l'Algérie devrait tirer le meilleur parti de cette envolée des prix pour entreprendre des réformes graduelles et en profondeur, selon des experts en économie.